Lassé de vos discours de piteux charretiers,
Vos insultes d’infect automédon, de roulier
Cahoté sur les sentes bridées, qui vouliez
Des grandes avenues, de sublimes quartiers,
Pénétrer chaque artère, me suis, entier,
Sans réserve aucune, sans me laisser lier.
Donné à la peuplade… derrière le hallier.
Fatigué de la grandiloquence de vos pairs,
L’ostentation de séducteurs enflés du savoir
D’académiciens, ai _ sans doute par devoir _
Accédé au Plutarque, et sans montre d’impairs.
Bâillée de vents, d’irascibles tempêtes,
L’indulgence mienne a raisonnablement taclé
Les conformistes dont on reprend la clé,
Quand, obsolète, le pacte délie l’arpète.
Si j’ai puisé courage au for du réceptif,
En l’idoine, j’achève, ou plutôt parachève
Des subtiles butées, la rambarde de grève,
En preste pérégrin défait de l’inactif.
Goguenardes roueries de miscibles transmues,
Traversent de vos tares la maladroite mise ;
Que n’eussiez-vous, ruffians bercés en ce rémiz
Où pépie l’oisillon, farder cette plèbe émue,
De criardes fuchsines… son âme compromise !
Harassé de vos lests d’auteurs, ai vomi
Aux tables du passé, une putride glaire
Qu’en prévaricateurs, absolvent en un éclair,
Les damnés du cynisme… s’en sont-ils remis ?
Je n’ai pas l’éloquence d’un Bossuet intestat,
Quand Fénelon se gausse du quiétisme agnelin
Car, de Plessis-Grimoult, aux portes de Singlin,
L’épiscopat talonne les fiefs du tiers-état…
Serais plutôt de ceux dont parle Diderot :
Les sevrés de prébende, tous ces clercs économes
Refusant de l’église, contorsions de surhomme :
Ce pape dégingandé dont les pets et les rôts
Empuantissent les nonces de prévariquât, comme
Chantres et nones, derrière les carreaux
D’un vieux monastère sans palmes, ni héros,
Un triste presbytère… une loge, en somme !
Si j’affine le style des grâcieux trouvères,
Moins grincheux demeure mon dilettante verbe ;
N’ai pas la mesure des complaintes acerbes ;
Je fais de mon ouvrage : livrée de vos
revers.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
