L’amour est un carcan pour tous les désœuvrés
Portant à bout de bras le désir du paraître ;
Il n’est rien de pire, quand on se veut repaître,
Que la déglutition d’attentes manœuvrées !
L’amour, ce stellionat qu’encoffre la trémie,
Se laisse grever de sombres manipulateurs ;
Quiets, arborent sans mal, en pâles séducteurs,
L’exsangue nitescence du matin blêmi…
Quand l’amour édulcore de fâcheux propos,
Le fade placebo, le raisonnable empaume
Du louable, l’entremise princière : heaume
Donnant fière allure à l'écarlate peau.
J’ai vu l’amour distordre à l’usure, le folâtre
Qui, en gesticulant, joue seul les rigaudons
Au parterre de nobles de l’automédon :
Ceux qui en conducteurs, démystifient l’hippiatre.
L’amour est un atoll loin des vents de marées ;
Assouplissant l’arec, en caresse les branches,
Dévoilant de sa sève, l’exsudation blanche
Et qu’inhale l’onde… pour s’en mieux parer.
J’ai écouté l’amour traduire du fantasme,
En un douteux langage de charretier :
Slang de borborygme_ si vous y étiez,
Auriez succombé sous le pont de ces spasmes !
Le monde est à ce point féru de chatteries,
Qu’il salive à l’idée de voir pousser des ailes
Au galant maniéré encensant la donzelle
Dont la gaucherie farde la stupide rouerie.
Nous prîmes rendez-vous, quand mes quinze ans
Pistaient, et sans parcimonie, l’appréhension ;
Me fît promesses, en menteur pathogène, de passion
Que je verrais éclore en mes jeux courtisans…
Je suis_ dit-il, du bonheur : exacte dimension…
Nul ne peut comme moi, lisser du pusillanime,
La mitrale_ je souffle, aux ombres qui s’animent,
De coruscants reflets pénétrés d’émotions…
Je suis l’amour: unique sentiment dont toujours,
S’empanache le sage ; parfois en nimbe de gloriole,
J’intronise la vierge du jardin de gladioles ;
Je l’écoute frissonner aux laudes, sans ajour,
Quand la béguine gavée de fadaises, pince
Du déjà-vu l’ensellure probable… je fais, bien sûr,
Sans ronds-de-jambes, naître de fidèles césures
Aux métriques posées aux antiques de princes.
Moi, l’amour, en élégiaque servant, ajuste
De l'inconfort d’emphase, le pompeux,
Si tant est qu’il en soit (…) doit-on du sirupeux,
Ignorer encor le melliflu ? … c’eût été injuste
De priver l’écrivaillon disert d’un si bel attelage !
Ma foi, puisque tu sembles encor _ hélas !!!
De perceptibles affres que la peur matelasse,
Faire montre de prudence, qu’en tangage,
Ta barque accède aux dérives certaines, t’offre
Diadème de choix : le cran du lovelace,
Celui dont on dira : avec panache, enlace
Les conquises aux clairs bijoux qu’encoffrent
Les regards de la gent ébaubie du faste, l’illusoire
Placés au sixain d’une mise sans donne…
Il ne peut en ces jeux, y avoir maldonne !!!
Ne veux faire échec aux vains compromissoires !
Je suis cette soif qu’implore la pépie, ce lac
Dont Lamartine attise en de charmants versets,
La limpide coulée… je suis du sonnet, tercets
Dont la viole de gambe perce l'entrelacs…
Ne fait défaut aux nymphettes butées,
A la gentilhommerie aux portes de Diane…
On peut me voir danser au cœur diaphane
D’étreintes se laissant mollement culbuter.
En m’accordant quitus, tu deviendras_ crois-moi :
Riche d’assertions… ton verbe en un fougueux ithos,
Poussera Aristote en ses retranchements ; l’Ecosse
Ne sera plus en sa lande offerte où larmoient
Les daines esseulées, prisonnières de l’émoi,
Qu’un désert de froidure que les ventées désossent
Au parterre cuivré prédominé d’ormoie…
Vois, en mon sein d’abondance, avant de t’en aller,
Les flux galactophores gicler en l’aube claire !
En suçotant ma lie, s’amoindriront tes glaires,
Et au seuil du présent, pousseront en l’allée,
Rose de Ronsard, camélia de Dumas, tallés
Du craintif enfumé de risibles colères !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021*
Mon âme
a vu l’amour lui refuser partage durant de longues nuits… seul, me suis débattu ;
yeux levés au Ciel, implorant du Seigneur, en un patois superbe, La Céleste
Clémence… pour ne me point laisser taquiner de l’amour, ai pris des raccourcis :
anonymes ou connus de ceux qui_ hier, entoilait mes chagrins d’un haillon d’apparence…
en refaisant _ à voltes que veux tu !_ le chemin à l’envers, ma vie s’est
sinistrée des rêves éventés.
L’auteur
