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samedi 24 juillet 2021

ET SI C’ETAIT L’AMOUR

ET SI C’ETAIT L’AMOUR

 

L’amour est un carcan pour tous les désœuvrés

Portant à bout de bras le désir du paraître ;

Il n’est rien de pire, quand on se veut repaître,

Que la déglutition d’attentes manœuvrées !

 

L’amour, ce stellionat qu’encoffre la trémie,

Se laisse grever de sombres manipulateurs ;

Quiets, arborent sans mal, en pâles séducteurs,

L’exsangue nitescence du matin blêmi…

 

Quand l’amour édulcore de fâcheux propos,

Le fade placebo, le raisonnable empaume

Du louable, l’entremise princière : heaume

Donnant fière allure à l'écarlate peau.

 

J’ai vu l’amour distordre à l’usure, le folâtre

Qui, en gesticulant, joue seul les rigaudons

Au parterre de nobles de l’automédon :

Ceux qui en conducteurs, démystifient l’hippiatre.

 

L’amour est un atoll loin des vents de marées ;

Assouplissant l’arec, en caresse les branches,

Dévoilant de sa sève, l’exsudation blanche

Et qu’inhale l’onde… pour s’en mieux parer.

 

J’ai écouté l’amour traduire du fantasme,

En un douteux langage de charretier :

Slang de borborygme_ si vous y étiez,

Auriez succombé sous le pont de ces spasmes !

 

Le monde est à ce point féru de chatteries,

Qu’il salive à l’idée de voir pousser des ailes

Au galant maniéré encensant la donzelle

Dont la gaucherie farde la stupide rouerie.

 

Nous prîmes rendez-vous, quand mes quinze ans

Pistaient, et sans parcimonie, l’appréhension ;

Me fît promesses, en menteur pathogène, de passion

Que je verrais éclore en mes jeux courtisans…

 

Je suis_ dit-il, du bonheur : exacte dimension…

Nul ne peut comme moi, lisser du pusillanime,

La mitrale_ je souffle, aux ombres qui s’animent,

De coruscants reflets pénétrés d’émotions…

 

Je suis l’amour: unique sentiment dont toujours,

S’empanache le sage ; parfois en nimbe de gloriole,

J’intronise la vierge du jardin de gladioles ;

Je l’écoute frissonner aux laudes, sans ajour,

 

Quand la béguine gavée de fadaises, pince

Du déjà-vu l’ensellure probable… je fais, bien sûr,

Sans ronds-de-jambes, naître de fidèles césures

Aux métriques posées aux antiques de princes.

 

Moi, l’amour, en élégiaque servant, ajuste

De l'inconfort d’emphase, le pompeux,

Si tant est qu’il en soit (…) doit-on du sirupeux,

Ignorer encor le melliflu ? … c’eût été injuste

 

De priver l’écrivaillon disert d’un si bel attelage !

Ma foi, puisque tu sembles encor _ hélas !!!

De perceptibles affres que la peur matelasse,

Faire montre de prudence, qu’en tangage,

 

Ta barque accède aux dérives certaines, t’offre

Diadème de choix : le cran du lovelace,

Celui dont on dira : avec panache, enlace

Les conquises aux clairs bijoux qu’encoffrent

 

Les regards de la gent ébaubie du faste, l’illusoire

Placés au sixain d’une mise sans donne…

Il ne peut en ces jeux, y avoir maldonne !!!

Ne veux faire échec aux vains compromissoires !

 

Je suis cette soif qu’implore la pépie, ce lac

Dont Lamartine attise en de charmants versets,

La limpide coulée… je suis du sonnet, tercets

Dont la viole de gambe perce l'entrelacs…

 

Ne fait défaut aux nymphettes butées,

A la gentilhommerie aux portes de Diane…

On peut me voir danser au cœur diaphane

D’étreintes se laissant mollement culbuter.

 

En m’accordant quitus, tu deviendras_ crois-moi :

Riche d’assertions… ton verbe en un fougueux ithos,

Poussera Aristote en ses retranchements ; l’Ecosse

Ne sera plus en sa lande offerte où larmoient

Les daines esseulées, prisonnières de l’émoi,

Qu’un désert de froidure que les ventées désossent

Au parterre cuivré prédominé d’ormoie…

 

Vois, en mon sein d’abondance, avant de t’en aller,

Les flux galactophores gicler en l’aube claire !

En suçotant ma lie, s’amoindriront tes glaires,

Et au seuil du présent, pousseront en l’allée,

Rose de Ronsard, camélia de Dumas, tallés

Du craintif enfumé de risibles colères !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021*

 

Mon âme a vu l’amour lui refuser partage durant de longues nuits… seul, me suis débattu ; yeux levés au Ciel, implorant du Seigneur, en un patois superbe, La Céleste Clémence… pour ne me point laisser taquiner de l’amour, ai pris des raccourcis : anonymes ou connus de ceux qui_ hier, entoilait mes chagrins d’un haillon d’apparence… en refaisant _ à voltes que veux tu !_ le chemin à l’envers, ma vie s’est sinistrée des rêves éventés.

                                                                                 L’auteur