J’ai su qu’elle m’aimait au renouveau d’avril,
Quand bourgeonnent les cœurs d’énamourés
Suspendus au filin de songes épurés
De la brume de nuits abhorrées du fébrile.
J’ai compris ses silences au matin renaissant
Sous la belle charmille obombrant Bagatelle ;
La fraîcheur des flots tombant en cascadelle,
Tempérait de l'allée, le souffle évanescent.
Mutines en ces aires dupées de complaisance,
Ces fossettes en l’agrément du rire, animaient
De la rose balèvre prête à me désarmer,
Les sauvages plissures ; là, sans condescendance,
S’approchant de ma soif, abreuvait, candide,
De généreuse lippe, quelque gouteux baiser
Dont seules, ont secret, les nymphes apaisées :
Capricieuses naïades, volages cariatides.
Epuisée de soupirs éthérés, elle posait
Sa tête sur mon épaule ; la douceur de sa peau
Faisait en l’air serein, frémir tel un carpeau,
D’agréables volutes empreintes de rosée…
J’aurais voulu saisir ces heures inexplorées
De l’âme par trop rétive, écluser des minutes,
Les profanes secondes, et qui souvent chahutent
A l’horloge des larmes s’y laissant murer.
Armand Mando
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