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lundi 12 juillet 2021

EN L’EVEIL DE L’AMOUR

EN L’EVEIL DE L’AMOUR

 

J’ai su qu’elle m’aimait au renouveau d’avril,

Quand bourgeonnent les cœurs d’énamourés

Suspendus au filin de songes épurés

De la brume de nuits abhorrées du fébrile.

 

J’ai compris ses silences au matin renaissant

Sous la belle charmille obombrant Bagatelle ;

La fraîcheur des flots tombant en cascadelle,

Tempérait de l'allée, le souffle évanescent.

 

Mutines en ces aires dupées de complaisance,

Ces fossettes en l’agrément du rire, animaient

De la rose balèvre prête à me désarmer,

Les sauvages plissures ; là, sans condescendance,

 

S’approchant de ma soif, abreuvait, candide,

De généreuse lippe, quelque gouteux baiser

Dont seules, ont secret, les nymphes apaisées :

Capricieuses naïades, volages cariatides.

 

Epuisée de soupirs éthérés, elle posait

Sa tête sur mon épaule ; la douceur de sa peau

Faisait en l’air serein, frémir tel un carpeau,

D’agréables volutes empreintes de rosée…

 

J’aurais voulu saisir ces heures inexplorées

De l’âme par trop rétive, écluser des minutes,

Les profanes secondes, et qui souvent chahutent

A l’horloge des larmes s’y laissant murer.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021