Ils se peut que les ombres traversent nos soleils,
Que les rêves maculent nos farouches sommeils ;
Il y aura des larmes en nos matins vermeils,
Quand bruineront les pleurs de l’aube en son
éveil.
Il se peut que, troublés de tant d’absences
Sous le parhélie, nos cœurs fusionnent enfin,
Pour se mieux convenir, en apaisant la faim
Dont les jeunes amants accusent tolérance.
Il se peut que l’ivresse décélère nos songes,
La hardiesse pénètre les remords qui rongent,
Et que l’esprit défait, le malheur nous plonge
Au ventre du chaos qui en l’âme, s’allonge.
Il se peut que l’enfance revienne cogner
Aux portes de l’inanité, quand l’espoir s’effile,
Que les besoins vidés ne soient plus que marfil
Sans souplesse, ni baume pour soigner.
Il se peut que le temps admoneste au soir
Les noceurs fatigués de ces jours illusoires
Où le plaisir dépote les envies dérisoires :
D’aucuns diront_ bien sûr !... Cela est accessoire.
Claquemurés de vices, de luxure, les hommes
Ont éconduit la morale princière, les clausules
Dignes d’approbations, posées en abacules
Au tertre d’un futur dont ne peut jouir Rome.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
