Les vieux ont des enfants qu’ils ne verront jamais
Grandir sous le pampre, où le rameau branchu ;
Ils ont de leur superbe, en l’aube idéale, chu…
Dire qu’ils ont cru que celles qu’ils aimaient
Resteraient partenaires de leurs petits matins,
Quand s’isole du flou, la nue désincarnée,
S’arc-boutent des brumes, les brises écornées…
Ils pensaient que les femmes étaient des catins ;
Celles qu’ils appréciaient, ces fébriles lutines
Verseraient une larme à leur heure dernière,
Prises entre les remords posés en charnières
Que font sauter au soir, les naïades mutines.
Les vieux ont des désirs qui ne point mûriront :
Envies estropiées, malsaines… enclavées
A la soif que le vice a peu à peu, gravé
Au fronton de l’espoir ceinturant le giron.
Quand grimacent les rides de la consomption,
Froncent les craquelures de la cachexie,
Ne peuvent plus bander… captifs de l’ataxie,
S’étiolent, contrefaits de compromissions ;
Ont les yeux pénétrés de doutes réprobateurs,
Salivent d’immodestie face à la sénescence
Les privant d’exutoire… la dégénérescence
Attise du péché, les râles abducteurs.
Les vieux que j’ai aimés, ne connaissent ces choses ;
Ils ont gardé la foi jusqu’au bout du miroir
Qu’ils ont su traverser, pour de l’épais mouroir,
Eteindre la brûlure dont les alfes s’enclosent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
