Entre les algues vertes et les coraux iodés,
La mer vient promener ses discrets remous ;
Elle chevauche les vagues, sans jamais éroder
La lame survolée du preste tinamou…
Aux crantages du madrépore, s’accrochent encor
Les miasmes poudreux chus de la puntarelle ;
Montent des fonds marins à l’unique décor,
Le farouche fretin, l’alevin, et qui, en saltarelle,
Tournoient en cet abysse où s’arrête le temps ;
La beauté retenue de l’écrin s’ouvrant calmement,
Apaise la faune marine, quand roule, haletant
Le reflux des marées poussées sous le gréement.
Naissent de la flore humide, de petites crossettes
Semblables aux boutures des jardins ouvriers ;
Parfois, quand le steamer longe de la croisette,
Les sublimes reflets, on regarde, amusé, briller
Par-dessus la goulotte, le soleil de juillet, ses spires,
Et qu’effleure la bise dont la moiteur cajole
L’océan mis en berne, comme pour rechampir
Du courant marin, les agréables geôles…
La mer, cet espace qu’emmurent les tempêtes,
Est un grand boulevard caressé de galiotes
Dont le rostre perturbe la cambrure replète ;
C’est aussi un bassin fractionné de sciotte
Taillant du polypier envahissant nos côtes,
L’épaisse pierraille allongée en carpette.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
