Au fond de mon passé, s’est cachée une rose ;
Je ne saurais jamais si elle pourra éclore ;
Je sais qu’au printemps, quand éclosent
Les fleurs : jasmin, glaïeul, ou bouton d’or,
Les jardins se parfument de nouvelles essences,
De subtiles fragrances, de douceur et d’amour
Pénétrés de vents frais, de brises qui s’élancent
Du faîte des collines franchies de troubadours.
Au fond de ma mémoire, reposent des souffrances,
De féroces blessures, d’injustes plaies avides,
Dont personne ne voit la fatale béance
Parfois dissimulée aux minuscules rides.
Au fond de mes sourires s’égarent des soleils
Sans âme, ni chaleur… de pâlottes lueurs,
Des rais craintifs dont s’orne le sommeil,
Semblables aux jours façonnés de douleurs.
Au fond de moi, sombrent des joies inexplorées,
Des chagrins émoussés ayant perdu le nord.
Je me dis : _ pourront-ils un jour, emmurer
De mon rêve, cet attrait qui l’honore ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
