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vendredi 2 juillet 2021

MARTINIQUE... Ma douce

MARTINIQUE... Ma douce

 

Tu danses sur le sable, et te joues

De l'ombre floue de palmeraies

Sertissant l'île de majestueux bijoux

Qu'enflamme l'océan aux azurites rais.

Muse bleue, tu séduis les tartanes ripant

Sur l’onde des tropiques sauvages ;

Percent au soir, tes premiers décans

Semblables_ dit-on_ au labre de coquillages,

De brèmes voilées du flux intense

De rivières, dessous l'arche étoilée

Qui en meurtrit toute la décadence :

Disharmonies d’espaces inviolés

Dont les tyrans perturbèrent jadis

Le cours, enserrant de l’Afrique,

L'âme, dont moi, Mando, sans artifices,

Nègre décoloré, pose la rythmique

D'un beau clavecin, de nobles violons

Dont l'asservisseur vil, retors,

S'empoigne, en piètre apollon

Égaré aux méandres de ce riche décor ;



L’histoire se l'approprie, cependant

Que la joie anime l'esclave mutilé

D'autocrates, de fiers dissidents

Aux lois discriminatoires, écalés

Des compromissions… monarques

En quête, dessous la canopée,

D'un bonheur ignoré de la Parque,

D'ides perlées, chues de Cassiopée.

 Madinina, tu dames de l’offense,

Le mamelon ; en extraies sans mal,

L’inaltérable sève de la paissance,

Souvent ignorée de phases hiémales.

Nos pères ont chanté, nos mères, dansé

Quadrilles, mazurkas ; chaloupé

Des pirouettes, sous madras... tancées

De chaisières ; y voulaient-elles riper ?

Du jésuitisme garrotté de sophisme,

Au syncrétisme d'autochtones,

S'accroche au vieux catéchisme,

L'adepte repu d’ordalies monotones.


Martinique cuivrée, grisée de succès,

Instille en moi, l’entropique cuvée

De légendes ! y dois-je forer l’abcès,

Benoîtement, me lier à son flot incurvé,

M'arrimer en l'éveil de l'écho,

Aux hymnes, ces refrains bohèmes

Sertis de caresses me berçant illico, 

Loin des métaphonies blêmes ?

Rivale que mes songes renflouent,

Mulâtresse bénie, terre enchaînée

A l’onde… sur ta peau nue, je cloue

Des baisers rivés à ma lèvre tannée

De sel marin ; l’iode en trouble pépie,

Confort d'extase ; j’eusse aimé recueillir

Tes tièdes gangues ; céans, sans répit, 

Du désordre, tes larmes d’hétaïres,

Ouïr battre le cœur mugissant

De Saint-Pierre, ses miasmes laviques

Riffaudant Cyparis, jusqu’au sang,

Assujetti aux forces telluriques,

Puis….

 

Modeler l'ossature des spectres...

Bien-aimés, de la plume, j’absous

De vos silences, avant que de renaître,

Le mutisme ; mon encre les dissout

Des malédictions… je vous vois

Céladons, au bras de belles dames :

Capresses, dont l'audace vouvoie

Le noceur du houleux macadam,

L'affranchi délivré de la souche, 

Ce lad blessé de cuistres vénaux,

De Damoclès butés, farouches,

Sur le sol profané de pontes infernaux.

 

Martinique, ton histoire sert d'écueil

A ma quérimonie ; t’aimerais alanguie

En ma chair écorchée ; vois mon deuil !

Dans Paris embrumé, de toi, je me languis.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021