Dentelée d’impudence, de roides licences,
Danse en estaminet, seule, au milieu
D’ivrognes… du froid pétun d’offenses
S’annèlent des volutes... de ce lieu
Où s’entassent pauvres hères sans défense.
En catin couronnée de mépris,
Se dandine, pour plaire au bambocheur
Que l’alcool asservit ; il regarde surpris,
Cette poupée poudrée, séduite du tricheur
Lui promettant bijoux, croisière de luxe
Sur le bateau, qu’il ne possède qu'en rêve ;
De ses châteaux d’Espagne, se luxent
Reversa et poutres… en tonalités brèves.
Rêve, elle aussi, d’un jardin embaumant
De ses riches parfums, le majestueux domaine
Où se prélassent, entre les monuments,
La biche musardant, et l’altière daine…
Mal née, ou mal mariée (peut-être), s’étonne
Du pouvoir du banquiste piégé de désirs ;
Comme lui, aimerait juste avant de gésir,
Défroisser des liasses, les chiffres qui bedonnent.
Pauvre créature prise au rets de l’insulte…
Qui t’a planté la nuit au vieux macadam ?
M’attriste de te voir, quand l’amant te culbute
Sous un friable porche… en t’appelant madame,
Les hommes salueraient, en aiguisant leurs flammes,
Ta rétive personne, que ne jamais chahutent
L’espiègle damoiseau, l’aigrefin qui rend l’âme,
Si ton cœur intestat avait prévu ce drame.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
