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samedi 24 juillet 2021

POUPEE DE NUIT

POUPEE DE NUIT

 

Dentelée d’impudence, de roides licences,

Danse en estaminet, seule, au milieu

D’ivrognes… du froid pétun d’offenses

S’annèlent des volutes... de ce lieu

Où s’entassent pauvres hères sans défense.

 

En catin couronnée de mépris,

Se dandine, pour plaire au bambocheur

Que l’alcool asservit ; il regarde surpris,

Cette poupée poudrée, séduite du tricheur

 

Lui promettant bijoux, croisière de luxe

Sur le bateau, qu’il ne possède qu'en rêve ;

De ses châteaux d’Espagne, se luxent

Reversa et poutres… en tonalités brèves.

 

Rêve, elle aussi, d’un jardin embaumant

De ses riches parfums, le majestueux domaine

Où se prélassent, entre les monuments,

La biche musardant, et l’altière daine…

 

Mal née, ou mal mariée (peut-être), s’étonne

Du pouvoir du banquiste piégé de désirs ;

Comme lui, aimerait juste avant de gésir,

Défroisser des liasses, les chiffres qui bedonnent.

 

Pauvre créature prise au rets de l’insulte…

Qui t’a planté la nuit au vieux macadam ?

M’attriste de te voir, quand l’amant te culbute

Sous un friable porche… en t’appelant madame,

Les hommes salueraient, en aiguisant leurs flammes,

Ta rétive personne, que ne jamais chahutent

L’espiègle damoiseau, l’aigrefin qui rend l’âme,

Si ton cœur intestat avait prévu ce drame.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021