J’ai vu des chemins creux,
L’insupportable bosse ;
Les jeunes et les vieux,
Aux insolubles noces,
Y ont souvent laissé
Dans la lande herbue,
Un peu de ce passé,
Qu’en promeneur fourbu,
Le temps a descellé
De leurs rudes semelles,
Aux jours où, esseulée,
S’en vient la femelle
Cherchant en vain, au soir,
Ses petits en danger…
Quand je viens m’asseoir,
Et sans la déranger,
J’épie du coin de l’œil,
Cette brave porteuse, inquiète
Du sort apointé de ces deuils,
Ces destins en miettes
Clivés au désespoir mutant
De la chagrine fuite, ce vent
Se délaçant de nos furtifs printemps,
Et qu’espère au matin survivant,
L’angoissé de l’errance, perdu
Sous la charmille d’un manoir
Sis en bord de sente ardue,
Qu’avalent dans le noir,
Les décans dessillés de la sphère
Lunaire : croissants comme posés
Aux points de l’exosphère
Ignorée de la douce rosée.
J’ai vu des lendemains brisés,
De piteux jours sans joie, mornes,
En sombres guenilles, méprisés
Du galant esbaudi sous son orme.
Ne serai jamais en l’idéal, maître
De ces périples encensés du targui ;
Fier ; je me le peux permettre !
Buvant de l’air serein, le reflux alangui.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

