Avec les yeux cernés, la lèvre appesantie,
La gorge annelée, le regard fuyant,
Ai fait mille pirouettes, peu à peu, effrayant
Mon pathogène double, ici-bas, converti
A mes déboires d’homme redevenu enfant :
Illusions du poète blessé du pragmatisme
De doctes : rhéteurs en montre d’attentisme,
Dont l’asocial, sans allégeance, pourfend
D’ombrageuses épithètes, l’ïambique mesure,
Afin d’en suturer de la béance pleine, l’influx…
Se peut-il en ces cosses privées de melliflu,
Que s’y accorasse encor la banale césure ?
Sur l’étrange butée, aux aurores livides,
Ma peau détrempée de revanchardes bruines,
Au cortège d’irascibles austers, à ces ruines,
Se laissa enjôler de muances gravides.
Avec de chaudes larmes, des rires bocardés,
Ai adjoint à ma rime d’élégiaque penseur,
Rivaroliennes brèves refoulées de censeurs
Dont La Rochefoucauld su jadis encorder
La fatale raideur au latent pessimisme
Dont jouissent aux décans, les lourdaudes
Joutes de conférenciers, dont les faraudes
Dupées _ on le serait à moins _ du sophisme
De prévaricateurs : nonces bouffis, vieux
clercs
Bercés de dilatoires pompes de concussionnaires :
Compte à rebours dotant le munitionnaire,
Taclant le démuni attentif aux éclairs.
Avec d’autres ivresses, sans fard, ni explétif,
Ai donné aux mots vrais, le ton de l’accessible ;
Les songes ont aluné de mes grimes cessibles,
L’onirique percée ; l’oublieux s’en fera
réceptif.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
