Mes chagrins sont des ruines, mes espoirs,
Des fantômes déambulant la nuit où s'alunent
Les profils de l'espèce : silhouettes noires
D'amants piégés d'envies inopportunes.
Mes besoins sont de vieillissantes berges
Empruntées des faquins de la désespérance,
Sources croupies dont les bruines aspergent
L'ondoiement puisé du seuil de tolérance,
L'exacte liberté, l'impertinence, l'audace
De proroger, l'aplomb d'atermoyer…
Mes envies sont des larves sans traces,
D'endémiques mues… m'en dois-je apitoyer ?
Mes songes sont des gouffres… s'y débattent,
Enfiévrées de désordre, de mesquines risées :
Ahanant trouble aux humeurs acrobates ;
S'y lentement diluent, mon souffle martyrisé,
Les poussifs bramements de l'existence tierce ;
Me voilà seul, au seuil de contrefactions !
Nuit et jour, la somnolence m'adoucit, me berce
Au creux du filanzane des séductions.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
