Il n’y a plus de chaînes à mon devenir,
De cordes pour enjuguer sans mal,
Le futur dont vos fièvres animales
Purgent encor l’aura… et sans y parvenir.
La colère alourdit de vos larmes de sang,
L’abondance perlée d’acide, d’amertume ;
Vous êtes les géants, devenus du bitume,
Poussières d’errance : miames indécents.
Chus de votre superbe, vos ambitions coulent
En une mer plombée :océan lesté, flot
Où s’évapore l’écume dont le falot
Drague la baille, aux vagues qui s’enroulent.
Je n’ai plus d’enclaves, de rudes entraves,
Me muant en ilote au fictionnel vôtre…
Libre, je promène serein… sans autres,
Le double de mon double, que ne jamais délavent
Les pleurs désaccordés de marâtres pugnaces :
Ces gorgones grimées du fard d’intolérance ;
Elles séduisent des mâles, et avec appétence,
Le subéreux tissu dont s’entoile candace.
Je n’ai plus du revêche knout, l’empreinte
Des crochets, des cinglantes lanières
Lacérant de la peau, jusqu’à la dernière,
Chaque cicatricule dont l’enveloppe est ceinte.
Je peux enfin marcher sur vos tombes chaulées,
Confiant en l’avenir… famille, j’ai l’élégance
Du diadoque héritier sous la soyeuse ganse
Arborée au plastron, loin de vos mausolées !
Je peux enfin courir comme la svelte gazelle
Traversant du hallier, l’aciculaire pointe ;
J’ai le souffle de l’aigle, que les brumes disjointes
Ne peuvent déranger aux battements d’ailes.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
