Les fleurs troublent de leur fragrance,
Revers écorchés et flaccides pulsions
Dont la métamorphose singée d'illusions
Amplifie du captieux l'ivresse des sens.
Des fleurs teintées, sans étamine :minces
Cicatricules d'anthères, de stigmates,
D'entailles, émane, quand elles éclatent,
L'exhalaison dont se grisent les princes.
Sous l'emprise du cœur écorché de silences,
Naissent d'incandescentes spires estivales :
Pépites nues aux riches chrysocales :
Trompeuse théurgie de métaux d'alliance.
Aux fleurs, les pouvoirs ! faîtes du pollen,
Aux temps à venir, nimbe de fécondité !…
Les soubrettes au cœur du bel été,
Se laissent séduire en des drapés de reine.
L'amant revêche dont l'amour atrophie
Le plaisir, l'audace, verra en ces rondes
Plein d'espoir en la sphère rubiconde,
S'accentuer le trouble de la dysmorphie
Réajustement auquel la chasteté aspire ;
Égrenant du chapelet des tares,
Les farragos coincés sous l'avatar
D'un nasigère qui ne jamais inspire.
Que faites-vous des fleurs de bohème ?
Celles dont aucuns prétendent encor
Dans leur rimaille de sinistres accords : _
Elles ont de leur nard, en l'aurore blême,
Piégé le prétendant aux excuses figées
Dont la rosière penchée à sa fenêtre,
Écale à escient, le fol aplomb du reître,
Ce Ménechme mortifié, par trop affligé
A l'idée de cueillir en l'aube souveraine,
Un bouquet de promesses, de gages,
Dont la pucelle jouit, accusant présage
Du bellâtre coincé en sa piètre dégaine.
Mes fleurs ont encor fuient à l'aube,
Les pollicitations, le roide béotisme ;
Se laissant effeuiller sans atavisme,
De doigts qui sans mal les enrobent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
