La liberté pénètre les ombres de l’histoire
Dénonce des silènes, l’imposture ;
Fait naître de l’âme noble architecture
En colonnades de lourds réquisitoires,
Relève de la boue, sans-grades et bafoués
D’ignobles pontifex : prétentieux kaisers
Baisant l’icône de monuments déserts,
Effigies et graphie : simulacres alloués.
Elle ennoblit l’art, dévoile non sans mal,
Le nonce séduisant le gille de confesse :
Gobe-mouche venant s'user les fesses,
Sous sa glaireuse mue de vil animal.
Enserre l’impur au verbe engageant,
Targuis, matamores, soutenus
De ces ilotes violés sans retenue,
De pâtres avilis, au regard dérangeant.
Pour l’avoir côtoyée, au soir de lune pleine,
Saluée là, entre les rais superbes,
Ai vu l’amour griffé de hautes herbes
En ma chair meurtrie de tant de chaînes ;
Ma pâleur raillée d’enfants des îles
Sommeille aux vents d’alizés en voyage,
A l’heure où le poète harmonise les pages
Du pantoum dont les rimes défilent.
La liberté, pour s’offrir un ailleurs,
Atténue les brumes de septembre…
Lézarde les murs de ma chambre,
Ses arabesques… au pire ou au meilleur
Des caricatures singeant mes insomnies,
Quand ma mémoire semble en faire déni.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
