J’ai reçu votre lettre : bien étrange missive
M’annonçant votre désir de rompre… hélas !
Pour vous _ ne vous ai point aimée… incisive,
Se fait ma péremptoire véridicité : elle glace
Tous ceux qui, comme vous, entrelacent
De lèvres passionnées, l’hypothèse concessive.
Si jadis vous me plûtes, coula sous le tillac,
Fluctuantes eaux et remous d’abondance ;
Ai fait d’autres rencontres, grisé de calambac,
Enivré malgré moi, de nouvelles fragrances.
Vous me croyez surprendre, espérez m’étonner :
Moi, soliste de nuits d’encre, moi_ bohémien
Sans lunes, dont l’errance a toujours bétonné
Des traverses moussues le rempart permien.
Vous évoquez en d’éloquentes brèves, c’est vrai !
Nos communes passions… communes ???
Je n’eus pour vous, très chère, en ces ides cuivrées,
Qu’empathie… peut-être allocentrisme ; immune
Semble votre palpable gêne… cette ivraie.
En parafant l’épistole vôtre, vous portez estocade,
Avant le coup fatal, derrière la muleta…
Moi ? je demeure stoïque derrière la rocade ;
Vos mots n’enjambent pas mon affect, en l’état !
J’ai franchi d’autres monts, escaladé des cimes,
Le faîte auréolé de souveraines brumes ;
Ai vu naître des larmes au col gris que déciment
Les vents de l’arrogance soulevée du bitume.
Ephémère conquête de mes sens salvateurs,
Gardez de moi, en ces cendrures pleines,
L’image du sigisbée, non du vieux contempteur
Ficelé d’entregents, enrubanné de haine !
Je peux vous absoudre de fantasmes viciés,
De lubies dont le tendron honore l’efficace !
Emplissant de la coupe, avant d’officier,
L’uvale potion… heureux, vous livre dédicace,
Sans montre d’obséquiosité… cocasse,
N’est-il pas, la rétroaction qui si bien, vous sied !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
