J’ai vu les belles dames au pavillon des reines,
Ethérées, aériennes, agressées d’opiacés pris
De nobles damoiseaux que la gent a surpris
En un mea culpa sans remords, et sans peine.
J’ai vu les enfants sages de mes livres d’images
Dénuder les nymphettes de capricieuses soifs ;
Ils les ont su parer d’une hideuse coiffe,
Avant de les pousser au ventre du mirage.
J’ai vu les fiers mécènes refuser prébende
Aux soldats de la foi, aux justes patriarches ;
Je comprends que Noé, à la porte de l’arche,
Ai pu voir le déluge dont l’homme fit légende.
J’ai vu les rodomonts, ces puérils hâbleurs,
Infecter la pensée de pauvres plébéiens ;
Peut s’en fallait, qu’en vieux acheuléen,
L’homme domptasse à tort, le pondéré ambleur.
J’ai vu les jours de pluie aux fenêtres bâillées,
Prendre des raccourcis, avant de disparaître,
Avalés par le puits d’un espace champêtre
Où dorment des matins sous le cèdre écaillé.
J’ai vu danser des mots clairs sous ma plume,
Des syntagmes dressés au for du gallicisme ;
Floutés de catachrèse, défaits d’absolutisme ;
Ils ont su s’arrimer aux stances que j’assume.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021