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mercredi 21 juillet 2021

CONQUERANTE SAVEUR

CONQUERANTE SAVEUR

 

Tu mûris sur la branche, doux fruit printanier ;

Il y a sous ta robe, un exquis velouté,

Et qui régalera _ à n’en point douter _

Assoiffée de nectar, celle qui porte panier.

 

Aux possibles cueillettes, quand hardi,

Le soleil pénètre tes rondeurs, le vent

Vient souffler sur ta peau, et en la soulevant,

Ta gracieuse robe, en l’aube ragaillardie.

 

Sur ma lippe tendue, aux moites caléfactions,

J’aspire du liquoreux enjôlant ma quémande,

En de brèves sucées, ta saveur amande,

Ton généreux nanan, riches d’olfaction.

 

L’hiver, aux lunes crevassées, l’arbre défait

De son port altier, pleure de te voir mourir

Aux vespérales… comment va-t-il nourrir

Le pérégrin fourbu, l’enfant insatisfait ?

 

Narre-moi tes voyages : du ventre de la terre,

Aux noduleuses branches ! pleures-tu au matin,

Si les brises enserrent le gluant abiétin,

Et de nos chaudes serres, l’alvéole acrotère.

 

Quand perle la rosée, et s’émoussent les bruines,

Le feuillage amadoue les insectes friands

De ta chair en offrande, ton goûteux liant ;

J’envie ces vagabonds survolant chaque ruine

 

Rehaussant ta superbe… ils ne pourront jamais,

De leurs tristes décombres, caresser ton velours,

Ni même s’accoter à tes rames ; quoique lourd,

Le vieux strix, en fougueux nyctalope s’abîmait

 

A ravir aux fauvettes légères, ta sirupeuse lie ;

Hélas ! ne pût de son pugnace bec, accrocher

Le tubule dont tu gardes, farouche_ le crochet

Soutenant ta cambrure aux aurores pâlies.

 

En coupe vermeille, ou aux beaux étalages,

Tu rayonnes toujours, étrange gourmandise

Dont la suave lèvre_ ce, quoique on en dise,

Absorbe le vigoureux, du souple cartilage.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021