Tes lettres me reviennent en testaments vidés
De leurs riches promesses… elles perforent
De l’âme, du cœur, le puissant contrefort
Contre lequel jadis, butait l’ombre ridée
De souvenirs jaunis, sans en élucider
Le mystère obombré de ce qui rend plus fort
L’amant piégé des mailles d’offensantes idées.
Ces épistoles aux désuets agréments
En l’influx de fièvres, d’obsédante fébrilité,
Harnachent encor, et pour la déliter,
Ma pensée amputée de tous ses éléments.
Sentiments de prestes galants, fiers
D’appartenir aux lords de courtisanerie ;
Les voilà convertibles à la chicanerie
Etoffée de cancanes d’atroces tenancières !
En l’immuable, sans montre de réserve,
J’accuse du paraître, en ces piètres jouvences,
Le caricatural : ce lourd bossoir que lancent
Les trompeurs… pour nuancer leur verve.
Tes mots ont pris le large, me laissant dépité,
Au ventre d’un passé ayant plié bagages ;
J’ai des désirs mort-nés, pris pour gage,
La soif et l’appétence voulant précipiter
Le sujet disgracié que semble embastiller
La réminiscence aux mutantes épreuves :
Ressouvenance, et que pourtant promeuvent
Les rigides poncifs d’ignares encastillés
D’absurdes prétentions… promènent carrosse
Sans lester de prébende les fidèles séides
Mués en factotums, ou reîtres impavides,
Mais larvaires… sous l’armure d’endosse.
Pénitent en cette thébaïde où s’effilochent
Les rires... sans coulpe, ni rosaire,
Je déchiquette au soir de lune pleine, sincère,
Les dernières reliques excoriées d’encoches.
Armand Mando
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