QUOD
AUTEM RELIQUUM FUERIT NOBIS ?*
Que
reste t-il de nous ?
Il est de gris matins où se ferment les portes,
En l'ouateuse aurore, où l’esprit s’envenime
De mensonges faciles, dont le pusillanime,
Sans montre de retenue, vers l’accorte,
S’avance, heureux d’en taire la mollesse
Dont se vêtent, âme
flaccide, cœur flasque,
Ceux qui de la curée, fuient le masque
Du retors engraissé de sophisme d’abbesses.
Il est d’autres chemins, en entrave du nôtre,
De routes pentues jouxtant de l’abandon,
Au plus fort de l’orage, la sente où le chardon
Effeuille la bractée
accotée à l’épeautre.
Quand il pleut sur la lande à découvert,
L’automne vient troubler des sauvages réserves,
Le tiède ensilage, et qu’égrappent les serves,
Avant de s’effondrer… en attendant l’hiver.
Nos confessions taclent de l’arbitraire,
Sans admonestation, probable jouissance…
S’éteignent, nos regards dissous de tolérance,
De possibles accords agrémentés, pour plaire,
De factices mandorles de pénitents contrits,
D’exsangues auréoles clampées à l’illusoire…
L’envie en translate, et parfois, sans surseoir,
L’acte compromissoire plein d'acidimétrie.
***
Que reste t-il de nous, cendreux anthropiens ?
Quelle fondue iconique embouche du réel
Dont nous sommes connexes, nous mortels,
La parfaite inhérence ? Serions-nous transcaspiens,
Loin de terres cuivrées où le soleil écale
De la lie de nos tares, avant que de se lier,
La replète stature ? Sommes-nous, piliers
D’un empire sans monarque, en l’escale
D’un rêve étoilé de chimères, d’hallucinations ?
Des mortes prétentions du précaire suivisme,
Nos robes ont balayé du bâti, le civisme
Auquel s’assujettissent les beuglardes nations.
Il y a tant de haine chevillée à l’enfance,
Tant de joies altérées en nos feintes liesses ;
Nos mots d’amour s’éventent, par hardiesse ;
Nos soupirs talonnent en cette récréance,
Nos rétives passions… la peur a aiguisé
D’une fine claymore, puisque velléitaires,
Le subéreux tissage aux lacis réfractaires
Du riche devenir dont l’effroi s’est grisé
Avant de nous pousser, en reîtres méprisés,
Du pont du désespoir… en-deçà de l’Ether.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
