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jeudi 15 octobre 2020

TAMEN ILLIC ES TU ?

 


TAMEN ILLIC ES TU ?

Etes-vous encor là ?

 

Madame, j’ai trouvé en mes secrets tiroirs,

Vos lettres d’amoureuse : désuètes épistoles

Dont les mots surannés éveillent du boudoir,

Les rires affectés de damoiselles folles, folles

 

D’avoir en de troublants baisers, accordé

Au preste damoiseau, sans retenue aucune,

Ce corps pourtant rétif aux caresses fardées

De godelureaux attisant les braises de rancune.

 

D’une main malhabile, vous me narriez,

Avec la candeur dont s’entichent sans mal,

Les prétendues vierges, les biches mal mariées,

Me narriez_ disais-je_  en l’aube subliminale,

 

Peines et joies du quotidien vôtre ; épuisée,

La constance livrait, en montre de colère,

Les regrets, l’angoisse voulant amenuiser

De vos gestes graciles placés en jugulaire,

 

L'écrin de la vraie liberté ; cette topaze

Auréole la femme défaite de liens, reine

Au trône du désir dont malgré soi, s'efface

Le souffle du galant que le plaisir entraîne,

 

Avant que de gésir, au faîte de l'hédonisme ;

Il encage la muse callipyge, repue,

Entrailles pleines, en ce sybaritisme

Aux fiévreuses coulées de reflux corrompus.

 

Madame, vous souvient-il en l’aurore, seuls

Amants sous les ponts de Paris ? Sombrait

La Seine, son lit dévié du moite linceul

Du canal aux écluses cambrées…

 

Nos lèvres s’aimantaient, s’oubliaient,

Avant que de renaître du deuil de l’absence…

Vous étiez jeune et belle, rebelle… déliée

De contraintes… Qui dirait que l’offense,

 

Un jour, ramènerait vos pas désaccordés

Au seuil de mon chagrin !… femme devenue,

Vous prîtes mon bonheur, pour mieux l’émonder

De la solitude, ce cloître, où le cœur ingénu

 

Foule de l’apparence, chaque métamorphose…

Vous l’avez épousé ; lui, vous a juste séduite,

Pour fuir de la vieillesse, la mue d’anamorphose ;

De fallacieux serments, vous fûtes enduite.

 

Ai vu s’évanouir les heures du passé,

Foulant du devenir, le bancal trépied…

Vos missives donnent ton aux rêves trépassés

Dont l’ivresse me lie, et sans y perdre pied.

 

Chahutaient les grelots de la félicité,

Tintinnabulait la cloche de l’extase ; allions,

Amoureux, au lit de la paresse… excités,

Poser au froid satin, en subtils trublions,

 

Les fatales étreintes, plaintifs geignements

D’énamourés vainqueurs de la parénèse,

Ecclésiales semonces... en garnements

Défiant les clauses d'ordalie ; l’anamnèse,

Pour armure; haubert, rude diagenèse

Au revers du possible… et sans linéaments…

 

Avions pris le chemin du désordre, altiers,

Sans comprendre que tout se paye... tout ;

Du moindre cillement, à la belle amitié

D’enfants captifs de l’interdit, ce fourre-tout

Où s’entassent rires et pleurs, que tatoue

La pensée quand on s’offre… entier.

 

Au tombeau des regrets, se côtoieront nos ombres ;

Il fait si froid en ce corridor sombre

   

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020