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samedi 3 octobre 2020

ORATIO NECESSARIA DEBEBIT*

 

ORATIO NECESSARIA DEBEBIT*

Irréfragable rhétorique

 

Éventrez du silence la pesante accalmie,

Cette trompeuse pause, ce fictif armistice !

Faites crier les morts, entre les interstices

Du sommeil racoleur ; ils seront insoumis,

 

Loin  d’ouateuses bermes, d’illusoires travées,

Quand du jour à venir, spectres du devenir,

Marcheront sur les pas ne pouvant retenir

Du temps aseptisé, les heures encavées

 

Aux cycles calendaires, et que broient les années

Chues de consomptibles ides ! Déçues des rogues,

Les âmes dépitées quitteront de la sorgue,

L’évidente noirceur, pour du songe mort-né,

 

Au son de clavicole, s'allier aux musiques,

Arpèges de piano forte, au temps vrai

D'harmonies pincées de la viole enivrée

De l’antecantatio, en l’acmé d’acoustique.

 

Venez mordre au noyau de sapience,

Pacotille de jésuitiques ascètes !

Verrez du leurre de cristal, les facettes

Cosmétiquées de rites d’obédience !…

 

Sous les dentelles de putains en résille,

La blessure du bas-ventre des chiennes,

Frissonnent des plaisirs ; l’épicurienne

Les presse de phalanges ridées ; ces esquilles

 

S’émiettent en l’interdit, quand l’humeur

Résorbe de la manœuvre, avant que de muer,

Les rudes entrelacs, peu à peu, commués

En béats geignements… on en vit… on en meurt.

 

Quand l’homme verra au glas s’en venant naître,

Le Ciel, souffler Le Feu Du Divin Jugement,

Sa Colère, au barycentre de l’égarement...

L’Agneau crucifié éconduira le traître,

 

Pétri de glossolalie ; il priera Le Seigneur,

Mon Créateur béni, L'Unique Messie-Roi,

Dans la dolence de sa voix en désarroi,

Verbe nasillard ; en vain ! Qu’en est-il du cogneur

 

Qui, porte close, se soumettra, perdu

A jamais aux méandres de l’autosuffisance ?

Accointées aux mâles sevrés de résilience,

De prestes maritornes aux entraves ardues,

 

Au parvis d’immenses cathédrales, boiront

Avant de choir du tableau de Soutine,

Naïve, l'obombrée de la curie latine

Offrira au graveur, d’incommodes jurons…

 

Venez danser au marbre de ce mausolée,

Celui que Rome a sis au ventre du mouroir,

Ce froid catholicisme de prônes de dortoir,

De mercuriales dont les sermons balaient

 

Pour s’en mieux repaître, les capucinades

De curés engrossés de litanies glaireuses,

Gras majordomes, qui de béguines pieuses,

Aspirent de la tétée, la cavité laiteuse

 

Au flou du théodolite modifiant l’espèce,

Replète sous la chair d’atonales phonies

Jabotées de chaisières de cérémonie,

En des coulpes que le malheur dépèce.

 

Martelez le sol des prévaricateurs, ces profils

Avachis, et sans cœur: tristes silhouettes,

Par trop endimanchés ! Dans leurs habits de fête,

Paradent au pied du maître-autel… y défilent

 

Les servants d’outre-lieu_ chafouins aspergés

D’eau bénite, ou prétendue telle ; ces cauteleux,

Friands de catéchèse, tancent le sabouleux

Dont la bave maquille, au tonal du clergé,

La frémissante lippe souvent ennuagée

De mensonges exsangues, balèvre chargée

De profanations du catéchisme mielleux,

 

Alors que ces bigots dont le pape s’entiche,

Déversent sans vergogne, à l’ouïe attractive,

De fielleux boniments, sous des braises qu’avive

Le souffle court de morbides prêtrises, riches

D’alacrité, pour lier l’innocent qui s’en fiche,

La rosière d’un bal de quartier… elle affiche

De sa croupe, quand d’autres défrichent

Des péronnelles, le réceptif hymen, la vive

Encoignure devant laquelle salivent

Les amants de bandaison, altiers convives

De bombance,entre les cuisses de biches

Délacées du cordon de morale, en l’aguiche

D’accortes odalisques aux mues adaptatives

 

Voyez ! Rien, non rien, de plus navrant céans,

Que l’ivresse du doute, de la controverse !

S’en faudra de peu, pour enclore sous l’averse,

La charmille de nos pas… loin de cet océan

Dont la baille sublime de soubresauts géants,

L’ondulatoire fréquence ; les remous les dispersent

Au renouveau des larmes, quand les sourires gercent.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020