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lundi 26 octobre 2020

MEDITATI IN ALIUM LOCUM*

 

MEDITATI IN ALIUM LOCUM*

Imagine un ailleurs

 

Oh ! Comme elles sont belles, en l’azur,

Les volutes cuivrées du soleil de l’avril,

Quand le printemps rassure le fébrile

Hypnotisé, perdu en l’horrible masure

Dressée sur champ de ruines, l’ébrasure

De baie, où s’affaire le larvaire agrile…

 

Imagine un ailleurs étoilé de faisceaux

Inondant des plaines, le hallier flottant,

Le buis à l’ombre du marais… l’autan,

En l’ouate, au-dessus du ruisseau,

En souffle les friselis... par seaux,

S'y déversent les bruines du temps !

 

A ouïr de l’écho, au soir, le réduplicatif,

Les silences pénètrent la douceur

Des nuits en devenir… s’émousse la rousseur

Du soleil, aux pointes du récif…

En la vespérale paresse, des ombres

En louvoiement, des profils, des lignes

Bordent la perspective, qu'assignent

Les cheminées aux arabesques sombres.

 

Cet ailleurs, l’imaginative le couronne

De parhélie ; la pensée confisque

Au renouveau, sur stèle d’obélisque,

Radiance voulue… posée à même trône,

La lumière enchatonne ses rais

Au diadème de journées affadies ;

L’hétérogénéité d'orbites roidies

Semble, peu à peu, perdre attrait,

Purgée des miasmes aspirés de l’adret

De noires cimes, dont l’Ether s’esbaudit.

 

De loin en loin, au souffle du bouquetin

Repu de cytise, les troupeaux s’affairent,

Pour de la paissance, savourer sur la sente,

Aux sillons herbus, les fruits éclatés… lente

Désaffection de nature ; elle indiffère

L’oiseau bleu de la nue cotonneuse,

En l'empreinte de vents désaccordés :

Foulures dont zéphyr vient carder

Les pâlichonnes rides de nébuleuse.

 

Quel ailleurs, quelles fièvres ! Ces chemins

Liés de malhabiles mains... croquis, 

Vexantes pochades… l’œil vif, par acquit,

En concède allégeance, lui baisant la main ;

Du froid classicisme, au fauve de carmin,

L’artiste, de la plume, au soyeux de l’étoupe,

Donne aux mots-accessoire, l’aquarelle,

La majesté d’un art irradié de dentelles,

De ganse, guipure, dont le dessin découpe,

Telle l’encre du rhéteur, les fastueux entrelacs

De la sonorité, au feutrage du style, autant

Qu’il le lui soit permis, en mouchant l’hésitant

Dont le laïus cacarde d’inadéquats ressacs…

 

S’il est un ailleurs, sous la sylve des pans,

Autre Brocéliande d’apocryphes fanés ;

S’il est un outre-lieu de parchemin tanné,

Une cocagne dont la pensée dépend,

Alors, il y a sûrement, en l’encre de mes mots,

Une île tropicale que la Pelée caresse encor

De ses laviques suées, un jardin pour enclore

De la terre meurtrie, les telluriques fermaux

D’un volcan somnolent, dont Saint-Pierre

Épie, avant que de se plaindre, le cornage,

Sous la glotte de l’onde alanguie… y nage

La sirène écaillée, la naïade… sous la pierre

De coralines cuves, d’où s’échappent souvent,

Le fretin et la houle des îles sous le vent,

La faune, la flore, ivres, par trop altières…


Ailleurs, je fais montre de parcimonie,

L’offrande de ma doublure fait caprices

Aux rêveries tronquées d’haruspices ;

Ces vilains gravissent gémonies

Pour clouer au pinacle des fats, ma queste

De trouvère sans attaches… j’en atteste,

En narrateur arrimé aux septains du poète

Antoine de Gentile, la vaillance, dont s’apprête

L’élégie insufflée céans, de l'almageste.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020