OCTOBRIS*
Octobre
Au clair de lunes bleues, octobre achève
De la sphère poudrée d’inutiles frimas,
Les miasmes sidéraux, puis, du venteux climat,
Les frémissantes brèches, les effilures brèves.
Octobre s’est revêtu à l’orée des solstices,
D’un moiré automnal, d’une grise mante ;
Parcourt des fétuques que la ventée aimante,
Des frêles pédicelles, le soyeux orifice…
Repu de tant d’inflexions, s’allonge serein,
Bercé par la moiteur du souffle vaporeux
De l’arrière-saison, dont les sillons poreux
Ondoient sur la buttée épiée du marin.
Octobre a délacé du support des prairies,
Le hallier coupant, broussaille et fourré ;
Y traînent les marmottes au long poil ajouré,
L’albinos Wiarton des rustres boiseries.
Octobre est un chemin emprunté de galants
Battant seuls la campagne, avançant à pas lents.
Armand Mando
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