SPECIOSUS
EST IN CAELO*
Au ciel superbe
Épiez les palombes de l’azur idéal,
Les pigeons-voyageurs aux ailes déployées !
Laissez les mouettes, ces rieuses banales,
Nager au ciel d’été, quand s’en vient louvoyer
L’albatros, superbe laridé de la matutinale,
Qu’un zéphyr rêve un jour de côtoyer !
Les moites limicoles abandonnent la vase,
Quand, sternes, guifettes, s’élancent avec aisance ;
Majestueusement, leurs rémiges évasent
Des cotonneux nuages, la crayeuse panse.
Je veux fuir des matins, avant les jours d’automne,
Les brumes de tourmente ; tous ces blizzards
Boulochent aux branches, puis, tourbillonnent,
Au-dessus des cols où nichent les busards.
Je veux voir s’immerger en la mer de corail,
Cingle plongeur, gracieux cormoran,
Fou de Bassan, rayonnante sterne ; bâille,
Aux vents légers, la frégate s'y affairant.
De mon île étoilée de spires, le noddi
Virevolte en l’air marin, grisé d’embruns,
D’insolentes bruines… la brise qui l’alourdit,
Soulève des marées, quelques miasmes bruns
De l’océan cuivré dont vagues hardies
Éclosent sous la houle dont l’onde fait emprunt.
Je reste, en ces mirages, rivé à la barlongue
D’une belle terrasse, capturant de ces vues,
D’admirables clichés aux figures oblongues ;
Ici, le couchant berce l’horizon dépourvu
De remous, en l’étendue des canaux de Khlong.
Armand Mando
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