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lundi 5 octobre 2020

PUERITIA EXCITARE !*

 

PUERITIA EXCITARE !*

Éveillez l’enfance !

 

Nos rondes, nos jeux, nos mercredis,

Ont pavé la mémoire de riches souvenirs…

Et, quoique nous fussions, n’aurons à bannir

Les douloureuses plaies, ces escarres roidies

Encroûtées à la peau, ces gênes, qu’engourdit

L’enfance pénétrée d’envies à désunir…

 

J’avais, aux larmes bleues déflorant l’humeur,

Aux instances premières, de diaphanes flux

Emmêlés à mes rires cassés, et qui, du mafflu,

Transissaient de l’offense, l’altérable clameur.

 

Nous grandissions, conquis, au vert hallier,

De béantes griffures de vertes ronceraies

Où les rires diffus accotaient la coudraie

Parsemée de noisettes, levées des céréaliers.

 

Sous le préau d’école, à l’heure des devoirs,

Le silence feutrait du long couloir venteux,

Les moindres interstices ; en un patois douteux,

Les cancres s’invectivaient, étonnés de savoir,

 

Après punitions, la longueur de la Seine, le prix

Des marchandises, les virgules de l’arithmétique,

Troublant subjonctif, fièvres de la poétique

Dont Aristote confisque l’épithète, sans du mépris,

Arguer des versifications, césure syllabique

Pénétrée d'iambiques adages... incompris.

 

Ah ! Ces problèmes de robinet, dont les fuites

En mon mal, s’évertuent à pisser sans répit,

De sulfureuses broues d’écumes de dépit,

De minuscules perles, sans en calmer pépie,

D’incessantes coulées… cette arrivée du train

Dont il faut calculer distance, sans entrain,

Puisque bercés de rêveries, contraints

De naviguer au module de l’allotropie,

D’atomes moléculaires, d’alinéas restreints.

 

Hugo voilait de paradigmes la versification

Substituable, mais par trop pathétique ;

Buvions, en l’espèce, la prétendue vertu… caustique,

N’est-il pas (?!) Verlaine boudait des récréations

 

Dont fûmes zélateurs, la houleuse poussée ;

Il modelait de l’âme réfractaire au savoir,

Comme avant lui, Villon… est-ce sans le vouloir(?)

L’inusable circuit du censeur courroucé,

 

Aux portes d’un Malherbe velouté de baroque,

De Bueil de Racan, dont Tallemant des Réaux

Narre, en des fins subterfuges, les sentiments féaux,

Ouatant de la faconde, les sarcasmes glauques.

 

Enfance, mon enfance pieds nus dans la vase,

Ma candide foulure de garçonnet tranquille,

Caressé de la vague bercée du vent des îles,

Qu’as-tu mis en mon cœur délogé à sa base,

Mon âme sertie de vaines antonomases,

Mes yeux délacés de mirages, d’illusions subtiles,

De fantasmes désuets, de puériles extases ?

 

Et si j’avais encor des fièvres d’antan, absorbé

La liqueur rancie de sages concussionnaires,

A la lie, le filtrage gavé du fat,  débonnaire,

Se croît-il, pour justifier de l’esprit embourbé,

La notoire faiblesse, l’atonie du faraud plombé

De médisance, quant la gent se met à succomber

Au tertre d’immoralités lestées d’actes coplanaires !

 

Revêtez de Mando, mon double métissé, le raglan !

Qu’il me soit donné d’assujettir, sans mal, céans,

 Aux miennes infortunes, prestance du géant,

Altier, où trépassent, hissés à son palan,

Les noceurs cacochymes d'hier… en bâillant

Diffuses quérimonies pistées du souffle lent !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020