INORDINATIONEM*
Désordre
Quand il pleuvra du ciel, de frémissantes bruines,
Que la terre se noiera sous de nouveaux déluges ;
Il y aura sûrement, enchâssés à vos ruines,
Quelques pans de l’histoire, des lianes calcifuges.
Quand jaillira le feu, du ventre de vos plaines,
La faune foulera du creux des grands vallons,
La trappe géosynclinale, et qu’au matin, engainent
Les résidus fangeux, survolés de l'aiglon.
Quand l’océan vidé de sa superbe, bavera sur la rive,
Un reste d’agonie, les monotones vagues rouleront
Des frisures, et du sable égrené, les bancales dérives
De navires piégés des courants ; les vents les mouleront.
Dans ce désordre, s’écharpent de fougueux éléments ;
La vie vient déloger de la coque du temps,
Les ultimes cerneaux, la chair sans âcrement…
La mort fait alors son entrée, ouvrant larges battants.
Armand Mando
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