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lundi 12 octobre 2020

OBLIVISCATUR EIUS*

 

OBLIVISCATUR EIUS*

Oublie

 

Oublie que mes matins s’affolent, s’engourdissent

Au creux de ce grand lit que tu as déserté !

Oublie l’adolescence ; il faut que je grandisse

Dans les vapeurs de nuits autrefois essartées

D’amants qui, des rives, aux couches d’infortune,

Ont conjugué de fiévreuses étreintes, captifs

De lunes griffant les bordures falunes,

Berges du littoral jouxtées de vieux récifs !

 

Oublie les premières neiges, la trace des sabots

De vieilles carnes éreintées en l’hiver :

Pauvres haridelles escortées de cabots,

Sous les soyeux flocons d’un ciel à découvert !

Oublie les mots d’amour étranglés en ma gorge,

Les niaiseries sucrées du maladroit béjaune

Soupirant au revers de ma peau, cette forge

Où s’empilent aux rêves, des vues monotones !

 

Oublie les rendez-vous manqués, les larmes

De marins sur un océan d’encre, les pleurs

En déversoir, quand s’évente le charme,

Se meurent les rires épandant de l’humeur,

En quelques ritournelles, l’extase du galant

Prêt à faire siennes, les plus belles romances,

Les suaves élégies soufflées d’un cœur brûlant !

 

Oublie de la tendresse, les ultimes percées !

Il te faut revenir au temps des amours mortes,

Effacer sans rougir, de l’ivresse bercée

De fades souvenirs, les sillons que déportent

Les premières caresses, les langoureux frissons,

Les chœurs de cathédrale, chantant à l'unisson!


***


A ta porte, un matin, quand il fera soleil,

Des silhouettes d’amants arborant écussons,

D’exsangues profils émargés du sommeil,

Te viendront annoncer, ces hésitants bessons  : _

*


S’en est allé voir de l’autre côté, les couleurs

Du bel arc-en ciel que tutoient les enfants,

A déposé sa gerbe de peines, de douleurs,

Afin, du Divin Créateur, au son de l’olifant,

Recevoir la couronne bénie… glorifiant

Le Père, louant Le Fils… L’Agneau Rédempteur.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020