HIC
EST ALIUS*
Voici
mon autre
Voici mon cœur bercé de souvenirs ; il est vôtre !
Si jadis la raison ajustait à mes rêves,
Les oniriques fastes de grandiloquence, autre,
Était du réel, en l’idoine, la minuscule trêve.
Voici ma vie évidée de rancœur, de mensonges !
Elle se vient offrir, délestée d’artifices…
Ne croyez, très chers_ qu’il me faille du songe,
Tisonner l’agrément ceignant des mues adaptatrices,
L’imaginaire par trop fécond, lesté de blandices,
Sans montre de retenue… si le remords nous ronge.
Voici, aux soirs d’orage, devant la cheminée,
De ma constance, l’immutabilité ! Prenez donc,
Des angoisses miennes, les craintes surannées,
Avant qu’il m’en souvienne, en de justes pardons,
De l’absolution offerte, sans parcimonie,
A mon poussif ego, en la résipiscence vêtant,
Le pusillanime, hier, larvé de froids dénis,
Le précieux habitacle du déisme mutant…
Voici mes mots d’auteur, griffés de folle pointe,
Rimes d’aède, adages de contorsionniste
Qui de la resucée, épure l’itératif, plume ointe
De l’imaginative, estoquée de trompeurs altruistes
Rassérénés_ croit-on, à l’aube du nouveau jour,
Quand l’audace concède au scribe de polycopie,
Le panache et l’allure placés en fier ajour,
Au col du doxographe hué du pisse-copie !
Me voici sur le beau destrier de la littérature,
Chevauchant le syntagme empierré de morphèmes !
Mon trot est un galop, sans réelle arcature,
Car de la claire-voie, n’émanent lumières ; le phonème
Laïussé de conférenciers, enchâsse l’ouïe, permissive
O combien… d’une verroterie comparable au sabir,
Cette lingua franca formolée de greffes de missives,
Et qu’inhale l'allocutaire piégé de l’incisive
Péroraison du triste harangueur, ce sbire !
Me voici, assoiffé de pollicitations, surenchères
De nobles asservis aux
dictats de cours,
Oukases de labadens, dont jadis, l’être cher
Fuyait l’orgueil du chaotique parcours…
Je reviens en cadenasser l’âme… sans discours !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
