NON
DICO*
Ne
dis pas
Ne me dis pas : l’absence est un bateau sans voile,
Sur l’océan de larmes à jamais éventées !…
Ne pose pas les yeux sur les pâles étoiles,
Qui en la nuit, s’évadent, pour te mieux tenter !
Ne saurai de ces cris, me démettre sans grâce,
Ni refréner l’ardeur enquillée à mes peines…
Il y aura des sentes où s’éteignent nos traces,
Aux jours gris de
tes mots, et qu’amplifie la haine.
Ne dis pas : le passé est une morte terre, un ruclon
Aux tenaces remugles ;
s’y défont les croupissantes eaux
Bavées de pestilence, quand du bleu Miquelon,
Ondulent les marées forées de la lame des flots !
Ne pourrai, sans montre d’accointance, donner vie
Aux rêveries nocturnes éparpillées en l’aube,
Quand l’amitié renaît au seuil de la survie,
Quand l’histoire réanime des braises, l’engobe.
Ne dis pas : au froid des clairs matins, j’effeuille
De ma mémoire, les pesants souvenirs… la peur
Me fait escorte, puis m’encloue malgré moi, à ce deuil
Vêtant de mes pensées, le constant affolement_ stupeur
Dont je fais réception, pour vaincre la torpeur
Qui, sans vergogne cogne encor, et encor… à mon seuil !
Ne croirai à ces mots délétères, pugnaces ! La raison
En profane chaque digression… suis, seul à écurer
Des pollicitations_ c’est vrai !_ les folles péroraisons,
Ces hâtives maximes-emporte-pièce, vainement susurrées
De dolentes voix… ces codex d’apothicaires, emmurés
De formules magiques, n’ont sur moi _ à tort ou à raison _
Nulle emprise… peu à peu, défait de poussives liaisons,
Je retouche la peau du sommeil trop longtemps torturé.
Ne dis plus rien !!! Le vide est un silence de thébaïde…
Un mutisme de cloître, avant le jubilé… écoute
Aux heures pleines, quand se froissent des rides,
Les cicatricules du destin, ignorant… sans doute !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020

