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samedi 17 octobre 2020

CLARA DIE PARVULIS

 


CLARA DIE PARVULIS

Enfants des clairs matins*

 

Les enfants portent au cœur des comptines,

De savantes mimiques, d’irrésistibles moues ;

Ils savent, mieux que nous, sans panique,

Estoquer des peines, les fastidieux remous.

 

Les enfants-aquarelles de nos livres d’images,

Courent sur les nuages de pays de cocagne,

Viennent d’outre-lieu… l’imaginaire voyage,

Quand la pensée bat seule la campagne.

 

L'enfance vagabonde sur des terres meurtries ;

L’aube s’y évapore en un petit matin… elle voit

Du doux regard de l’amoureux contrit,

Naître la flamme bleue du regard qui louvoie.

 


Chahute l'enfance en ces heures flottantes,

Avant que de se taire au soir sans lune,

Aux prémices du rêve enclos de résilience ;

La peur du noir en tacle l'infortune...


Au trottoir de nos grandes cités, longe

Du caniveau aux reflux discordants, la baille,

Le cordon de lido ; les marigots les rongent,

Ajustés aux lagunes attifées de débraille.


Les enfants effacent du passé, bien trop tôt,

Les brimades serties de fièvres d’antan,

Et qu’évente l’argot de poussifs hottentots,

Ces petites griffures emportées par l’autan,


 


Enfant, en de cahoteuses bermes, sentes

Empruntées d’ignobles consignataires,

Futur de jaseurs aux joutes offensantes,

Ai vu mon devenir hué de piques délétères :


Quand l’enfance prend l’eau, s’éteint l’humeur

Arrimée au septain de nos plaisants poèmes ;

Chagrins et déshérences se meurent

Au sein des clichés d’autrefois... les mêmes,

En la recognition des exploits de jadis ;

Les rides du péché s’en viennent muter…

Seuls, brisés en l’agonie… sans plus jamais douter,

S’éraillent les jeudis pénétrés d'interdits,

Les dimanches harnachés au col de l’inédit…

Redevenons poussière de caveau… déboutés

Des promesses  muées de phonie veloutée

De baveux esbroufeurs au langage affadi.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020