AUTUMNI
FRIGORE*
Dans le froid automnal
Ne plus se souvenir des premières gelées,
Du froid posé au lit des rivières,
En longues bandes crispées ; les pierres
S'en bornaient… figées au centre des vallées,
Les frêles boutures se laissaient avaler
Des ronces de marcottes, du buis de hallier.
Oublier, les fontaines cuivrées, sur la place ;
Leur grinçant douzil… l’eau s’y faisait plus rare,
Et du mince débit, s’écoulaient sur le tard,
De fines gouttelettes en pépites de glace.
Aux canisses ridées, les ventées de septembre
S'engluaient aux moisissures ; ce ferment
Roidissait des buées, en ces dérèglements,
Avant d’en maculer le tortillage d’ambre,
Les lézardes jaunies de la petite chambre.
Taire des nuits opaques, l’épaisse nébuleuse
Drapant la stratosphère d’une chape viciée,
En de lourdes vapeurs, toujours dissociées
Des radieux matins, sans brumeuse…
Loin de mon île grisée d’essences estivales,
D’arômes tropicaux, mon regard se fanait ;
Aussi, aurais-je voulu, loin des corps tannés,
Ces éléments vidés de substances banales,
Boire à la source dont les daines savourent
Des clairs remous, la douce légèreté…
M’abreuver aux sources, dont la pureté
Vêt d’une longue mante, l’itératif parcours...
Perce la rosée, au beau jardin qu’entourent
La flore épanouie… du printemps, à l'été,
La faune en paissance… l'on voit s'émietter,
Le pollen, des minuscules grains de velours.
A tout prendre, j’accuse réception… statim effectum**
De nouveaux lendemains, à la pointe du temps
Réajusté au col de cette démesure, autant
Qu’il me sera possible… j’y installe ad centrum
Les fastes du renouveau… heureux, cœur battant !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
**effet immédiat


