PRIMA
LUCE SPLENDORIBUS*
Belles de l’aube
Belles de mes dix ans, princesses poudrées,
Venez en mes récrés nacrer de vos marelles,
L’éphémère traçage ! Lissez-moi à l’adret
De vos cimes fleuries, quand, cruels,
Les ans lient de nos riches printemps,
Les bouquets apprêtés d’indulgence…
Capricieuses ondines de mes songes mutants,
C’est en ma tarentelle que s’allume l’enfance.
Tintinnabulent les cloches de l’oubli, grelots
Qu’une invisible main glissée au fil de l’eau,
Agite en mes silences de galant éconduit…
De mes rimes d’aède dont l’aurore s’enduit,
A mes résipiscences de barde solitaire,
N’est d'autres mesures que l’âme ne peut taire.


