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samedi 31 octobre 2020

PUERITIA VSTIONE PROUENIUNT*

 

PUERITIA VSTIONE PROUENIUNT*

Vaporeuse enfance

 

Sur un arbre perché, l’oiseau épie l’enfant

Qui voudrait devenir, en l’aube retenue,

Partenaire, en ces lieux modelés de la nue,

De cette créature dont le suroît pourfend

L’inflexible voilure, et qu’amadouent encor,

Aux nouvelles mâtines, les brumes argentées

Du triste paysage, sans grâce, ni beauté,

Roidi sous le feuillage d’un piètre décor.

 

L’enfant voudrait toucher cet astre de faïence

Dont l’escapade livresque anime en ses yeux,

Les spongieuses pupilles, et qui de ce soyeux,

Égrène peu à peu, l’étrange sapience.

Il a des mots purgés de lourds chagrins,

Les voudrait dévêtir de peines trop tôt couvées ;

Nul ne peut, en ce deuil, comme lui, retrouver

Des rêves d’innocence, les sillons pérégrins ;

 


Son cœur sait reconnaître de l’ivresse du jour,

Le parfum des frimas bercés du renouveau_

Captieuse essence déversée des vaux,

Quand la fragrance vient poser en ajour

Au col du clair azur, les rais enchevêtrés

Aux sélectives brises, en vogue sur l’Ether,

Et qu’accompagnent, soulevées de nos terres,

D’infimes poussières pleinement excentrées.

 

Riche de chaudes couleurs, sa pensée vagabonde,

Afin d’en diluer, au for de l'errance folle,

Cosmétique empreinte, vain onguent de fiole

Dont l’affect serti de vapeurs rubicondes,

Appréhende du rouge, les criardes nuances,

Exècre du carmin, comme de la fuchsine,

Les cerces violacées, l’infecte térébenthine,

Insidieux baume, liniment de résipiscence.

 


Sur un arbre perché… il se voyait pépier

Hors du nid, où l’oisillon quémande

Maigre pitance, pour de l’offrande,

S’emplir le fin jabot, et sans y perdre pied.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020