QUAE IBI ERAT*
Elle était là
Elle était
là, dans l’ombre de mon ombre,
Évacuant du mal dont elle était captive,
Les chaudes
meurtrissures, qu’avivent
Les démons,
de son côté plus sombre…
Elle croyait
que mourir au seuil du désespoir,
L’aiderait
à renaître au printemps à venir ;
Elle avait
oublié, des envies à bannir,
L’indiscrète
tarole tambourinant au soir
En son cœur
éclaté, son âme déchirée,
D’où s’enflent
des remords tronqués,
Regrets, qu’écoutent encor ronquer,
Le mésaise, l’absence, avant de chavirer.
Elle était
là, égarée, comme brisée
Sous la
vindicte d’amants illusionnés,
De galants
déçus d’être abandonnés,
Quand l’expectance
s’y vient immiscer.
Son regard
dévoilait du mal la modelant,
La fielleuse
lie… car de la coupe aux lèvres,
L’inspiration
tacle de l’insoluble fièvre,
Chaque désir, la nuit, la modulant.
Elle était
là, épuisée, aboulique,
En l’enfonçure du désappointement ;
Sa voix
désamorcée boudait les sentiments
Encagés de sa peine aux remous acycliques.
Nous
nous sommes revus... les larmes
Noyaient
de sa face porphyre, la flamme ;
Jadis, s'irradiait
en elle, l’autre femme,
L’amante,
dont s’évente le charme.
Désabusé,
maussade, je quittai en silence,
De son
triste boudoir, les murs défraîchis ;
A quelle
mélancolie, quand l’oubli l’avachit,
L’homme
se doit-il soumettre, s’il fléchit,
Avant le
jour nouveau, la réelle constance ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
