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mercredi 28 octobre 2020

QUAE IBI ERAT*

 

QUAE IBI ERAT*

Elle était là

 

Elle était là, dans l’ombre de mon ombre,

Évacuant du mal dont elle était captive,

Les chaudes meurtrissures, qu’avivent

Les démons, de son côté plus sombre…

 

Elle croyait que mourir au seuil du désespoir,

L’aiderait à renaître au printemps à venir ;

Elle avait oublié, des envies à bannir,

L’indiscrète tarole tambourinant au soir

 

En son cœur éclaté, son âme déchirée,

D’où s’enflent des remords tronqués,

Regrets, qu’écoutent encor ronquer,

Le mésaise, l’absence, avant de chavirer.

 

Elle était là, égarée, comme brisée

Sous la vindicte d’amants illusionnés,

De galants déçus d’être abandonnés,

Quand l’expectance s’y vient immiscer.

 

Son regard dévoilait du mal la modelant,

La fielleuse lie… car de la coupe aux lèvres,

L’inspiration tacle de l’insoluble fièvre,

Chaque désir, la nuit, la modulant.

 

Elle était là, épuisée, aboulique,

En l’enfonçure du désappointement ;

Sa voix désamorcée boudait les sentiments

Encagés de sa peine aux remous acycliques.

 

Nous nous sommes revus... les larmes

Noyaient de sa face porphyre, la flamme ;

Jadis, s'irradiait en elle, l’autre femme,

L’amante, dont s’évente le charme.

 

Désabusé, maussade, je quittai en silence,

De son triste boudoir, les murs défraîchis ;

A quelle mélancolie, quand l’oubli l’avachit,

L’homme se doit-il soumettre, s’il fléchit,

Avant le jour nouveau, la réelle constance ?

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020