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mardi 13 octobre 2020

QUA MELIUS HABUERIT*

 

QUA MELIUS HABUERIT*

Pour s’amender

 

Ecrire, pour voyager au-delà de la nue,

Atteindre des monts neigeux, le faîte ;

Ecrire, pour modeler de l’odalisque nue,

La hanche de porphyre, en un matin de fête,

La gorge parfumée, quand l’amante s’apprête

A plisser de la lèvre, en boudeuse ingénue,

Les secrètes ridules, les profondes fossettes

Animées du mafflu, dont le vent émiette

En la risée superbe, les rires soutenus.

 


Ecrire, avant de naître de plaisirs, de luttes

Encordés au filin de l’offense… inassouvie,

La plume, de guerre lasse, fait encor culbute,

Avant que de griffer des possibles envies,

La ténuité, en la délicatesse, que ravit

Le phonème, en l’abstrait que rebute

La polyphonie... en rebelle haquebute

Ronflant sourdes salves, sans vie.

 

Ecrire, au matin blême, aux ombres figées,

Éveillées d’humeur, d’acariâtres poussées ;

Ecrire, pour bannir les amours mitigées,

Unions sans grâces dont on veut repousser,

Avant qu’elles fondent, les désirs impulsés:

Obsédantes visées de l’amativité négligée

Du galant prétendu libre, quitte à s’infliger,

En cette perspective, sans s’oppresser,

De concises règles, d’évolutives pensées.

 


Ecrire :  j’ai dix ans ; ma bohème est un champ

Au bord de la rigole, enclos, sous ciel ivoire ;

Je joue, pour enfreindre la peur, et au couchant,

A n’être plus moi… comment le concevoir ?

Hélas !... Ceux qui peuvent me voir,

Disent que je m'égare, effarouchant

Ma silhouette floue,  profil qui, en cachant,

Frôle en l’air cendré, à deux lieues du lavoir,

L'elfe de mes contes livresques, attouchant

De ma mue d'enfant, tout en les détachant,

Les rides... elles semblent s'en émouvoir…

Jeunesse, mon empire, ma crayeuse lie,

Toi qui pourfends de mes larmes bleues,

Le rideau, défaits-moi de ce parhélie

M'enserrant l'âme, ce mirage suiffeux !

Dessine-moi l’espace où l'astre de feu

Allume mon regard !… de la pareidolie,

Les orbes semblent réels, du dôme d’enfeus 

Posés entre les niches du petit-bois-joli.

 

Je dirai aux amis… quand vous verrez

L’enfant sous ma peau, ce poupard

Qui de tout, s’émerveille, vous saurez

A mes mots... sagement, prendre part !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020