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samedi 17 octobre 2020

NOCIVIS APPETITUS*

 

NOCIVIS APPETITUS*

Nocive appétence

 

Au ruisseau de tes larmes, me suis abreuvé ;

J’ai bu des fins cristaux de tes pleurs nacrés,

La fluide effilure se laissant dériver,

Les froides gouttelettes s’y venant ancrer.

 

Ai mordu à tes rires emperlés de malices,

Le pulpeux contrefort, afin d’en savourer

La gracieuse lie dégelant les canisses

Entre lesquelles halètent des mots édulcorés.

 

Ai longtemps attendu, égaré au cylindre du temps,

Que tu donnes à ma soif la réserve tienne ;

Me suis fait échevin, déliant de ton verbe hésitant,

En de péremptoires édits, la mesure antienne.

 

S’il  fallait trahir de mes convictions, céans,

La profonde teneur, irais pour te captiver,

De finaudes gausses, en mensonges géants,

Au faîte du cratère, pour ne point dériver…

 

Mes lunes te seraient profitables ; elles poseraient,

Déliées de leurs décans, de lumineux faisceaux

Enviés du bel astre qui s’en approcherait,

Pour du fin diadème, enclore de son sceau,

La tiare scintillant, quand passe le vaisseau

Sur l’onde chavirée du roulis des marées…

 

Je voudrais à tes lèvres, m’enivrer de soupirs,

D’offensives prétentions… voir mûrir tes décrets,

Pour seul, en éventer au tertre de cet empire,

Les subtiles formules, tous les accords secrets…

 

Semblables aux cédules, les mots font déclaration

Du mal m’enserrant, du chagrin m’accoutrant

De criardes breloques, de nippes de faction,

Aux grands froids, la nuit, me pénétrant,

 

Quand j’avance, âme en peine, cœur nu,

Sur l’immense avenue jouxtée de ces ruelles

Où les chattes promènent leur galbe charnu,

Piètrement encagé de résilles cruelles,

 

Je comprends, sans le dire, la douleur du héros

Vainqueur… mais, estropié, isolé de la troupe

Lui faisant hier, escorte…il devient le faraud

D’une triste victoire dont le succès l’étoupe.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020