ARBORES AUTUMNALES
MUSARDES*
Automnales
musardes
Nous irons sur la lande, en automne,
Voir pousser des saisons à nulle autre pareilles ;
La nuit, aux vents légers, aux orages qui tonnent,
S’ouvriront de la nue, des nuances vermeilles.
Les matins engourdis de paresse, de cosse,
Borderont de l’éveil, la majestueuse fronce ;
L’oisillon en pépie, du nid en son embosse,
Verra poindre des rais de parhélie, les sconses.
Irons au nord des Shetland, quand il pleut,
Laper des douces bruines, le nectar azuré…
Il y aura, montant des froides plaines, en ce bleu,
Des vapeurs ouatées s’y venant là, mirer…
Les amours contredites de la gent moralisatrice,
Agrémenteront d’harmonieux baisers, le sourire
Défait de vaines crispations, entre les interstices
De réceptives lèvres, offertes… sans coup férir.
Au miroir gélifié des flaques, nos profils boiront
Des boueuses grimaces, en quelque fade lie,
Les éclats projetés de discourtoises vagues… irons,
Toi et moi, caresser l’aube, en ces heures pâlies ;
Peut-être, verrons-nous, quand nage le goéland,
Au ciel d’octobre, rémiges déployées, l’étrange
Se voiler de ténébreuses brumes… à pas lents,
Irons sur la sente, au chant de la mésange,
Cueillir de la rosée, les généreuses perles
Gouttant de l’arbuste ridé, et qu’aspire
De la branche humide, le malicieux merle
Ébahi face aux ides champêtres, dont les spires
Redessinent du jour, avant de disparaître,
Les heures profanées de tempêtes soufflées
Des côtes maritimes, aux coulées venant naître
Du col lesté de grisailles, de nielle renflée.
En l’éveil manifeste, aux premières vues, regard flou,
Retrouverons, aux portes de l’hiver, les tortilles
Entrouvertes accotant les canaux, que renflouent
Les galiotes sombres voguant vers les Antilles.
Armand Mando
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