pinterest

vendredi 2 octobre 2020

HORTOS MOLLITUDINIS*

 

HORTOS MOLLITUDINIS*

Jardins de séduction

 

Venez voir refleurir les jardins de Suzhou,

Le Nong Nooch de Thaïlande ; à Majorelle,

Les fleurs de Marocco aux teintes aquarelles,

Le beau genévrier s’enchevêtrer au houx !…

 

Qu'est-il de plus beau aux sillons d’Alhambra,

Aux portes de Villandry, au déversoir pavé !

Au cœur de Keukenhof, la Hollande se vêt

De chaudes radiances, en nous ouvrant les bras.

 

Kyoto, au temple de Kinkaku-ji, redessine l'allée

Où poussent à foison, d’aquatiques tubules

Semblables à l’alerte bambou agrafé en fibule

Au col de la nature fardée de mausolées.   

 

Tivoli, l’aguicheuse, anime de senteurs,

De fragrances, le dôme de Renaissance,

L'architecture de la Villa d’Este, l’aisance

Du manoir retenu au matin enchanteur.

 

Au nord de Brentwood bay, éclosent

Sous la neige, quelques bourgeons percés

Du froid chinook ; les pluies l'ont bercé

Au rideau de coulées, de musiques encloses.

 


Des cuprifères tropiques, chez moi,

La Martinique cloue des brandons au regard

De tendres néophytes, qui, l’œil hagard,

Découvrent Balata, son royaume où larmoient

 

La rosée de décembre, les perles parfumées

Dont la flore superbe entaille les verts semis,

Au rythme de l’écho de ces tam-tams soumis

A l’ombrageux Kwoca y venant parsemer

 

De fondantes biguines, de prestes mazurkas…

Les filles aux hanches pleines, fleur aux dents,

Entoilent nos jardins de tressauts discordants,

Qui, du Mont Périnelle mordu du paroka,

 

Aux plaines de Plaisance, enserrent le bedon

De ces terres bénies où les ombres s’effacent

Au chaud Phébus embué de mille traces

Émargées de la plage posée en édredon

Sur la rive aux spumescentes bailles, dont

L'écumes balaie les géloses tenaces.

 

 


Prenez de ces jardins défaits de noires gerbes,

Ces belles closeries ceintes de munificence,

Les renoncules aux pointes de faïence,

Voilant à l’aube, l'humidité de l'herbe !   

 

Venez aux tortilles poudrées de sel marin,

Féeriques couloirs de romances floutées

Aux amours pénétrées de la suave beauté !

Le séducteur s'en musse, au halo ivoirin.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020