Tu marches sur les braises de consomption
D’un monde dégradé, pollué de mensonges :
Une terre avilie qu’aucun remords ne ronge,
Un cosmos sans futur, ni civilisations…
Tu danses sur les brandons de la corruption,
Les déliquescents miasmes de la débâcle :
Cendrures d’ossuaires au tertre d’un pinacle
Dressé en l’inconfort de superstitions…
Tu arpentes l’allée de prétentions mort-nées,
De désirs amputés du presque raisonnable ;
Peut s’en faudrait qu’aux ambitions louables,
Se délitent les pierres te voulant encerner.
Enfoui sous la charpente de riches mausolées,
De spectrales figures s’insèrent au cénotaphe
De l’orgueil assouvi, gravant en épitaphe,
De mielleux codex piètrement formulés.
S’écorne ta superbe en ces hideuses transes ;
Rien de plus misérable que l’empreinte des fous
Dont l’étrange édulcore de l’altier garde-fou,
La précieuse rambarde… aussi, quand j’y pense,
Au noir de ces morganatiques pompes dupées,
Ces folles mésalliances de noblesse figée
Prise au rets _ m’en dois-je affliger(!?)
De la sotte plèbe modestement nippée...
Je me réjouis de n’être_ moi, futur bedole,
Que simple pérégrin de sentes étrécies,
Inutile quidam de traverses forcies
D’anonymes marcheurs que l’errance gondole.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
