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dimanche 6 juin 2021

CARPE DIEM

CARPE DIEM

 

Va, viens, et écoute les roseaux gémir

Sous les vents étrangers aux lagunes !

Mets à profit le jour nouveau ; des dunes,

S'y détachent, en l’aube s’en venant blêmir,

D’infimes poussières ; regarde-les frémir !

 

Retourne-toi ; il y a des matins sous la feuille,

Des soleils éclatés sur la peau des saisons !

Laisse-toi éblouir au point de l’horizon,

Quand soupire la nue outragée en son deuil !

 

J’ai, comme toi, ami _ bu aux fontaines cuivrées

Dont le douzil enserre le diaphane flux ;

Mes mains en retenaient en l’urgence d’influx,

Le précieux breuvage, ce nectar dégivré…

 


Ne laisse les peines de ton retenir, sceller

Du raisonnable, en de froides pensées,

La fatale tristesse, sans en décompresser

L’inappréciable joug, le carcan ensellé !

 

Avance, vois poindre en l’espace dilué

De gangues perverties, la lune en son décan

Croit-on_ le plus farouche_ l’astre bivouaquant

En-deçà de solstices couvés d’ombres polluées !

 

Luttant seul, cramponné aux tempêtes,

Ai vu mourir la mer aux pulvérulences

De discourtoises lames que la vague balance

Entre les plis... passablement défaites

De furtifs crachins retenus au long faîte

Du fier hunier qu’assouplit la cadence

Du flot pris au ressac de maritimes fêtes.

 

Prends la plume! confesse des mots tanceurs

Arrimés aux brèches de l’idiomatique !

Dénerve du savoir ampoulé, l’emphatique !

Prends de la parénèse ignorée des censeurs,

Les princières clauses ; enfume le caustique !!!

 


Je n’ai su (pu !?) ignorer, aux froids de l’existence,

Quand il me fallut vaincre la rhétorique folle,

Les outranciers préceptes déversés de fioles

Dont l’onguent désagrège au for de l’expectance,

L’attente manifeste au doute qui l’encolle.

 

Viens ! irons de ce capitulaire tympaniser

Les sages moniaux de cloîtres faisandés,

L'ensoutané de laudes trop vite scandées

De choristes piégés de  vains dogmes prisés…

 

Et si du conclusif, en bâilles de cortège, avons

Les mêmes cris laïussés par dépit, viendrons,

Rythmés de peccavi, voir le frêle tendron,

En son culpa de sang, en jargon esclavon.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021