En buvant à la source des premières folies,
Avions du temps passé, retouché l’esquisse :
Sublime aquarelle dont hélas ! _ se délient
Les pigmentaires teintes profanées de l’éclisse.
Avions l’insouciance des candides pupos,
L’arrogance dont se vêt la jeunesse
Déliée des décrétales chartes qu’en suppôts,
Les caciques inoculent à l’âme en détresse.
Des poussiéreux greniers, aux caves ensuiffées,
Respirions d’inutiles brimborions d’armoirie,
Les sénescentes traces ; ces moulures
griffées
Vexées de nous voir… d’y penser… j’en ris !
Entrelacés, confiants en la badine, qu’ahuri,
Le béjaune imagine en ses rêves défaits…
Le plaisir volontaire auquel on s’accotait,
Avait le goût des jeux interdits, des secrets
Dévoilés en plein jour, savamment chuchotés
D’amants en devenir, en l’étrange… encrés.
Rétentives, par devoir… volubiles, par choix,
Mes lèvres baguaient de l’ensellure pleine,
Tes reins en tenailles… quand l’ivresse échoie
D'aléas supplantant la cambrure des reines.
A l’horloge des clairs frissons, cognaient
De ferme assurance, d’imprécises secondes
Rythmées en la toquade de mimes soignés :
Contradictoire tissure que le vice émonde.
De ta moite balèvre, fusaient des fontaines
Sur le cuir de mon corps immature ;
De jouissives pauses clouaient à ces fredaines,
Un pilori contrefaisant la factice voilure.
J’avais, en solitaire, navigué sur le flot
D’ondes masturbatoires, sans consommer
Du froid accouplement, en triste gourdiflot,
Les tumultueuses vagues… et sans m’y arrimer.
Je rêvais de nymphes à l’aguichant pubis :
Glissantes sirènes dont l’hymen fait invite,
Et qu’en un soir flouté, à l’écho de l’abysse,
Les mâles retiennent au doux rets qui lévite.
Voilà que sur la mousse de ta toison,
Pulsait de ma peau taraudée de chimères,
Langoureux sursauts, et remous à foison :
Ondulatoires séismes de luttes éphémères !
Comme elles semblaient loin, très, très loin,
Les putains d’Irlande, les gaupes de Montserrat ;
J’avais par devers moi, et sans serrer les poings,
Décocher sur l’archère (qui m'en déclassera ?)
D’aciculaires flèches… saurai en prendre soin,
Quand au petit matin, fixé au drosera,
L’oubli liera de la nubilité, en l’aube qui
point,
L’innocence… la honte ici, sans mal, éclora.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
