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vendredi 25 juin 2021

PREVEIL DE SATURNALES

PREVEIL DE SATURNALES

 

Et sur le toit du monde, aux solstices présents,

Les saisons s’enveloppent d’une mante brumée ;

Si de nos cheminées montent de moites fumées,

Les égouts de villes demeurent déliquescents.

 

Paris, ce grand dortoir où s’agitent les nixes,

Aux journées empuanties de vapeurs viciées,

S’éveillent de contadines fresques appréciées

De l’esthète qui, en l’aurore, se fixe.

 

Aux nuits blêmes, éclatent des feux de bengale

Déversés sur la Seine… en fugaces éclairs ;

S’envolent les miasmes au petit matin clair

De cette féérie obombrée des fagales.

 

Macrobe nous a offert du flou calendaire,

Ces belles esquisses, ces croques parfumés

Soignant de leur mythe...  fier de l’assumer,

Les riches greffons loués du récipiendaire.

 

De Samain aux banquets de Potlatch, l’ivresse,

La munificence, prisées de vestales, du trépied

Du lourd sybaritisme, ont fait perdre pied

Aux gardes d’aerarium saturni, et qu’oppresse

Diane vénérée en l’enclos d’impudiques déesses,

Et que l’ascète amène ne cesse d’épier…

 

Libre, l’esclave peut tonitruer sans mal,

Au nord de l’atrium de la villa Romana : _

Ne suis plus l’îlote narguant du résidanat,

Aux versatiles ides, la cuvée extrémale,

 

Quand fouet et cirque du Colisée tancent

Le sujet anamorphe aux yeux du sénat !

Serais plutôt de ceux qui du fier mécénat

Espère subsides... imprégné de constance.

 

D’Angerona, la tutélaire d’Augustus le tyran,

Ou de l’icône adulée de Dioclétien, l’impur,

Au mois d’Inuarius, aux saturnales épurent

De l’idolâtre, de vexatoires feintes, qu’endurent

Les abbesses blessées, éjectées de leurs rangs.

 

De ce Sol Invictus, dont Mithra se pommade,

Les Catholiques ont fait un noël de surface,

Crachant sur La Divinité Jésus, en face,

Comme hier, à La Croix, les zélateurs maussades.

 

Rome a éventré la foi du Chrétien sans attache ;

Devenu mariolâtre de catéchuménat, succombe,

Avant que de sombrer au noir de catacombes,

Mué en flagorneur …  Vois Dieu ces noceurs lâches !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021