Qu’importe
Qu’importe si les heures de mon devenir
Domptent l’afféterie de ceux qui, hier,
Me voulaient mettre à mort… altières,
Ces nurses trop poudrées surent unir
A leur cause, les confiants oligarques,
Ces sinistres penseurs mués en podestats
Soutenus de ministres échus du tiers-état !
Les voilà en dérive, chavirées de leur barque !
De l’eau, jusqu’au menton, vainement s’agitent
Entre la lame bleue et le courant marin
Emportant les sirènes à l’armure d’airain,
Que la houle prive de vagues azurites.
Qu’importe si les nuits amputent du matin,
Translucides perles de la douce rosée
Et hyalines gangues de bruines déposées
Sur la peau de l’éveil conquise du satin,
Je resterai pour voir la nature agressée,
Bouleversée, punie, réprimer avec grâce
Les grincheux gouvernants, sans classe,
Bravant des interdits, puis… s’affaisser ;
Se vengeant des monarques sans gloire,
Châtiant un peu plus, les kaisers butés :
Pontifex Maximus, à jamais redoutés,
Hors du grand lit cossu de l’élégante Loire !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
