Il y a tant de loups arpentant nos artères,
Nos boulevards ; y fuitent des profils ;
Faites-taire aux saisons qui défilent,
Les sinistres kaisers au verbe délétère !
En tenue d’apparat, en cénacles,
Toge de podestat, ils haranguent la foule,
Séduisent la plèbe, puis blackboulent
Avant de s’accrocher au faîte du pinacle.
Chaque jour, s’y pressent les brebis
Déparquées : innocentes victimes
De prédateurs dont la pensée intime
Soumission... laissez hurler ces chacals ébaubis !
A chaque jour, sa peine ; s’éventent les heures,
S’émoussent les secondes ; point du cosmos,
Le sommeil hibernal ; les cycles le désossent...
La mort fait son entrée, encernée de douleurs.
Le loup face à l’agneau n’a de sa superbe,
Qu’un haillon griffé de lassitude...
Aimerait jouir sous d’autres latitudes,
Du confort du laurier en gerbe
Dont César couronne l’aura manifeste...
Le temps est assassin en ces rondes
Où la plume amplifie de l’altière faconde,
Le préambule du douteux palimpseste.
N’ai, du dithyrambe puisé quintessence,
Chargé de veiller chaque jour sans relâche
Sur le trésor de la métaphore ; suis-je lâche
Devenu, sans de l’élogieux, attiser éloquence ?
Me suis laissé mordre du porphyre,
Riflé du lierre pendouillant du lazzi,
Pour devenir loin de vos hérésies,
Rhapsode, scholiaste, dont zéphyr
Souffle à l’aube, de dociles variantes...
Je chemine joyeux, loin des loups
Du Paris d’Hugo, dont le regard jaloux
Étrille de la bonhomie, la folie subjacente.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
