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vendredi 25 juin 2021

ELLE

ELLE 

(Part II)

 

Elle avait des soleils, apprivoisé l'aura ;

Des brouillards, aspiré les volutes...

Elle avait aux aurores, hirsute,

Balayé sans remords, le tertre d'agora.

 

Elle avait de mon cœur orphelin,

Gravi les gémonies, sans en forcir

Du trait, les abrupts degrés, pour adoucir

De nos fièvres, l'engrenage opalin.

 

Ses songes furent miens aux lunes

De satin, en nos ébats trompeurs,

Comme assagis, écalés de la peur :

Habitacle d'infranchissables dunes.

 

Elle voulait renaître de ces flux accrus,

Pour oindre la gerçure de ses pleurs froissés,

L'inconfort du mutisme nous venant poisser,

Quand, rire est accessoire… qui l'eut cru !?

 

Elle scellait des mots, l'étrange verbatim,

Déracinant du style, la pompeuse emphase ;

De la rhétorique, muselait des phrases,

L'empirique lexème, l'épanchement intime.


Ai bu de ses silences, en d'indociles nuits,

Et l'espoir, et l'envie, d'accéder au palier

De la béatitude… caché sous l'espalier,

Ai, des digressions, pour enclore l'ennui,

 

Boudé de ses lombes, l'avenant charme ;

Au seuil de ses excès, me suis enfin posé,

Brisant en cet effroi_ que ne l'aurais-je osé,

La crainte de voir s'enrayer mes armes !

 

Annihilant du violent subalterne, l'ego,

Ai remisé pour elle, par conviction, le bâti

Dédoublé de possibles dérives… las, abêti,

Sans célérité, piégé de macules albugo.

 

Elle avait clos des miennes commissures,

L'entrebâillement… sa bouche parfois,

Matait de l'aboulie, le mimétisme froid :

Vexatoire clivage encloué aux fissures…  

 

Elle semait cailloux en mes errances ;

Pensait de ma dégaine, retenir au soir,

Le sulfureux double malmené du fossoir

Dont elle maniait avec grâce, aisance,

 

Sans manicle, la hampe… des luttes dupées,

Vaines rixes, ai de la révérence, fardé

L'actionnariat_ moi, pugnace baroudé

De pancraces, dont la prosopopée

 

Sertit à tort les fables de narrateurs,

Moi, antagoniste de pusillanimes…

Elle savait qu'aux narcoses, s'animent

Les minces entrelacs de l'appel séducteur.

 

La voilà: affutée de sages doléances

De sultane en l'éveil de mes somnolences !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021