Je pense aux voyages que nous aurions dû faire,
Ces pérégrinations en musarde tranquille,
Tous ces rêves posés au faîte des jonquilles,
Et que l’ivresse cloue aux ombres alifères.
Il m’arrive en ces flous, de revoir le beau lac
Où nos profils caressent de l’onde reposée,
Les chatoyants reflets s’y voulant déposer,
Avant que de sombrer en la cuve héliaque.
Je m’imagine, enivré de songeries précoces,
Un jardin ouvert au pied de la butte…
Frasel serait un nid où lentement permutent
Aux doux vents de l’avril, les aigrettes
buglosses.
Je pense à ces matins entoilés de brouillards,
Ces froides nitescences de l’automne venteux ;
Sous cape d’agneline, en un sabir douteux,
Avions, toi et moi, aux feintes de l’égrillard,
Accentué du slang, toute l’immodestie…
Que ne l’aurions-nous tu ! s’en faut-il
prémunir,
En l’absence, quand s’y semblent alunir
Les farouches amants que l’oubli contredit !?...
Meurtris à contre-champs de vierges bohèmes,
Ecrasés de fades prétentions, mes calandres
S’offusquent du lustrage de pièces à distendre :
Ce riche canevas défait, en l’aube blême,
Aux larmes entretissées d’empyème :
Purulentes mues roulées à pierre fendre.
Il est en ces résipiscences_ QUIS
CONCLUSIT ?
Une précieuse image à jamais retouchée
De profane menotte_ aquatinte couchée
Au marbre de caducée, empreinte calcite.
En ma mémoire poudrée de nostalgie :
J’ai aimé sans connaître l’amour, le vrai…
Griffé des turbulences de l’immonde ivraie,
Ai vu naître la macle au levant qui surgit.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
