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mercredi 23 juin 2021

IMAGINAIRE D’EMPRUNT

IMAGINAIRE D’EMPRUNT

 

Je pense aux voyages que nous aurions dû faire,

Ces pérégrinations en musarde tranquille,

Tous ces rêves posés au faîte des jonquilles,

Et que l’ivresse cloue aux ombres alifères.

 

Il m’arrive en ces flous, de revoir le beau lac

Où nos profils caressent de l’onde reposée,

Les chatoyants reflets s’y voulant déposer,

Avant que de sombrer en la cuve héliaque.

 

Je m’imagine, enivré de songeries précoces,

Un jardin ouvert au pied de la butte…

Frasel serait un nid où lentement permutent

Aux doux vents de l’avril, les aigrettes buglosses.

 

Je pense à ces matins entoilés de brouillards,

Ces froides nitescences de l’automne venteux ;

Sous cape d’agneline, en un sabir douteux,

Avions, toi et moi, aux feintes de l’égrillard,

 

Accentué du slang, toute l’immodestie…

Que ne l’aurions-nous tu ! s’en faut-il prémunir,

En l’absence, quand s’y semblent alunir

Les farouches amants que l’oubli contredit !?...  

 

Meurtris à contre-champs de vierges bohèmes,

Ecrasés de fades prétentions, mes calandres

S’offusquent du lustrage de pièces à distendre :

Ce riche canevas défait, en l’aube blême,

Aux larmes entretissées d’empyème :

Purulentes mues roulées à pierre fendre.

 

Il est en ces résipiscences_ QUIS CONCLUSIT ?

Une précieuse image à jamais retouchée

De profane menotte_ aquatinte couchée

Au marbre de caducée, empreinte calcite.

 

En ma mémoire poudrée de nostalgie :

J’ai aimé sans connaître l’amour, le vrai…

Griffé des turbulences de l’immonde ivraie,

Ai vu naître la macle au levant qui surgit.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021