Je n’ai jamais dormi sur la peau de sa peau,
Ni couché mes envies au creux de ses reins chauds ;
Je ne sais plus, si en berne, le drapeau
Confirme sa présence sur les grands maréchaux.
J’aimerais délacer ses fragiles dentelles, émousser
De ses sens, avant de l’assagir, les fatales lubies,
Les contrevérités la pouvant courroucer,
Les rêves perturbés, à jamais ébaubis.
Je n’ai jamais posé en froids conciliabules,
A l’heure des confessions blêmes, aveux
Distordus, fantasmes échoués : préambule
De Disclosure, impudents désaveux.
J’aurais pu m’étendre au pied de son lit, caresser
De son soyeux duvet , du satin de rayonne,
La pilosité dressée au col pubien, embrasser
De son galbe que mes envies crayonnent,
Les ductiles ridules aux sons brefs qui rayonnent
De sa chaude fourrure, les spires agressées
De lascifs geignements que l’envie contorsionne.
En mes soifs solitaires de pauvre niquedouille,
J’emprunte la mesure de brèves alternances,
En dérivant parfois en trivial arsouille,
Au nord de ce remords qu’effeuille l’abstinence.
Quand j’aurai décrispé de la soif butée
L’éphémère pépie, conscient de la manœuvre,
De mainmise, ajusterai, et sans la rebuter,
A sa chair ignifuge, le confort en cette œuvre
Dont l’audace fait ristourne, sans s’y arc-bouter,
Les cicatricules de sa mue de couleuvre.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
