Si nous pouvions au printemps, écrire
Des nobles lettres, l'altière constance,
Aurions eu, au gré des circonstances,
La mesure ; y pourrions-nous proscrire
Des spires baignant la chambre,
Sémillante clarté, lueurs aux canisses:
Ces blutoirs feutrant les interstices ?
S'y accotent parfois, les girandes d'ambre.
Pendeloques de lustres, grappes de luminaire,
Enjolivent de vos riches manoirs,
Chaudes tentures, velours aux noires
Arabesques, sofa sis près du limonaire.
D'efficace plume, donnons aux demeures,
Avec style, panache, l'esthétique voulue…
Irradiant de noblesse, en un verbe goulu,
Bibelots et peintures alimentant rumeurs.
S'en viennent renaître, entoilés de superbe,
D'écornures marbrées, d'élégance,
Somptueuses auras... en de fines brillances,
Le mobilier cossu… sans piques terbes.
En folâtre scalde, mâche-laurier anobli
De Mistral le félibre... concède sans mal
Aux septains de Parnasse, infinitésimal,
Allégeance certaine !... dois-je de l'oubli,
Taire défaillance ? Du passé vite éteint,
Exacte dimension ? Mes rimes de trouvère
Domptent de l'absence, en des joutes sévères,
Le prestige d'antan… si ce méchef m'atteint,
Dès potron-minet, serai risée d'apadana,
Hué de cénacles, ou d'un triumvirat
De lords obombrés de claustra:
Despotes rivés au fier capitanat.
Dois-je d'un nouvel entrain, fleurir
L'épithalame, aux soirs de claires noces,
En chantre de concile, au centre du naos,
La cantilène emplie de souvenirs.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021