Tu traverses les nuits, avant de te poser
Au creux du jour nouveau, battu, écartelé ;
Ta soif de posséder, ton besoin de gruger,
Font encor preuves, aux premières rosées,
Du feu dont tu attises, entre les barbelés,
Les corrodantes braises, l’éclat ignifugé.
Tu séduis le tendron juste purgé du lait,
La rosière éthérée, sans réelle constance ;
Elles auraient de ton charme empaler
L’agrément dont tu fais insistance.
Si ton soleil est noir, ta lune n’est que décan,
Sache taire la hargne dont tu t’auréoles !
Il y a sous ta peau le souffle d’un volcan
Que peu à peu active le pernicieux Eole.
Va, et meurs en l’absence des matins engainés
De brumes, de nuages : ténébreuses suées
Perlées au front des sorgues mort-nées
Achevant en ce mal d’insoutenables huées !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
